C'est une phrase courte, sèche, cinglante — et elle en dit plus long que n'importe quel communiqué officiel. Selon une information exclusive du lanceur d'alerte Boris Bertolt, c'est par un coup de téléphone direct que le Premier ministre Joseph Dion Ngute a choisi d'entrer dans la crise opposant la société SGS à Transatlantic au Port Autonome de Douala. Au bout du fil, le Directeur général du PAD, Cyrus Ngo'o. Et la question du PM, sans détour : « Monsieur le Directeur général, depuis quand vous êtes membre du gouvernement ? »
Le ton est donné. En quelques mots, Dion Ngute signifie à Cyrus Ngo'o qu'il a outrepassé ses attributions, qu'il a agi comme s'il était au-dessus de la chaîne de commandement — et que cela ne passerait pas. Ce recadrage téléphonique, brutal dans sa forme, révèle un Premier ministre décidé à reprendre la main sur un dossier où d'autres forces, plus obscures, semblaient dicter leur loi. Pour un chef de gouvernement longtemps relégué à un rôle de figuration administrative, le signal est inédit.
Ce coup de fil prend aujourd'hui une résonance particulière à la lumière des révélations de Bertolt : Dion Ngute aurait ensuite franchi le pas supplémentaire en demandant directement à Paul Biya la tête de Cyrus Ngo'o, l'accusant de saper l'autorité de l'État. La séquence est désormais claire — le recadrage téléphonique n'était que le premier acte. Le PM n'appelait pas pour négocier. Il appelait pour avertir.
Une phrase au téléphone, une demande de limogeage au palais : Joseph Dion Ngute semble avoir décidé de jouer une partition jusqu'ici inconnue de lui. Reste à savoir si Paul Biya, à 93 ans, lui donnera raison — ou lui fera payer cash cette soudaine soif d'autorité.