Nécrologie : Roland Maxime Aka'a Ndi'i, Directeur Général du Chantier Naval et Industriel du Cameroun, n'est plus

Aka'a Ndi'i Image illustrative

Thu, 19 Feb 2026 Source: www.camerounweb.com

C'est une nouvelle qui plonge le monde industriel et maritime camerounais dans le deuil. Roland Maxime Aka'a Ndi'i, Directeur Général du Chantier Naval et Industriel du Cameroun (CNIC), est décédé dans la nuit de ce mercredi. Il dirigeait depuis juin 2020 l'une des entreprises publiques les plus stratégiques — et les plus éprouvées — de l'économie nationale.

Un administrateur civil aux commandes d'un navire en détresse

Administrateur civil principal de formation, Roland Maxime Aka'a Ndi'i avait pris la tête du CNIC à l'issue d'un conseil d'administration extraordinaire tenu le 26 juin 2020 à Douala. Il succédait à Alfred Nforgwei Mbeng, lui-même décédé en cours de mandat, une coïncidence tragique qui confère à ce poste une dimension particulièrement lourde.

À ses côtés avait été nommé directeur général adjoint Webnjoh Abel Bobuin Bisiya, ingénieur de l'aéronautique civile, pour l'épauler dans la conduite d'une entreprise déjà profondément fragilisée.

Un héritage industriel glorieux, une réalité contemporaine sombre

Le Chantier Naval et Industriel du Cameroun fut, à une autre époque, un fleuron de l'industrie maritime en Afrique centrale. Sous la direction de Zacchaeus Forjindam, le CNIC s'était imposé comme un acteur de premier plan, affichant un chiffre d'affaires avoisinant 40 milliards de FCFA et jouissant d'un rayonnement régional incontestable.

Mais l'incarcération de Forjindam, il y a plus de dix-sept ans, a marqué le début d'un long déclin. Au fil des successions à la tête de l'entreprise, la trajectoire n'a cessé de s'inverser : le chiffre d'affaires s'est effondré à environ 3 milliards de FCFA, soit une chute de plus de 90 % en une décennie.

C'est dans ce contexte de délabrement avancé que Roland Maxime Aka'a Ndi'i avait hérité des commandes du CNIC. Son mandat aura été marqué par une accumulation de crises : grèves répétées du personnel, arriérés de salaires chroniques, crises sociales multiformes, scandales financiers et perte continue d'influence industrielle. En janvier 2018 — avant même sa prise de fonctions —, le top management avait déjà été contraint de procéder au licenciement de 270 employés pour motif économique, dans le cadre d'un plan de redressement gouvernemental qui n'a pas produit les effets escomptés.

Le décès de Roland Maxime Aka'a Ndi'i survient dans un moment de profondes turbulences pour le CNIC. Il laisse derrière lui une institution au bord du gouffre, dont la survie reste conditionnée à une volonté politique forte et à un plan de restructuration ambitieux que les gouvernements successifs peinent à concrétiser.

Au-delà du bilan institutionnel, c'est un homme, un commis de l'État, qui disparaît. Un administrateur qui aura porté, avec les moyens du bord, le poids d'un héritage trop lourd, dans un contexte où les défis structurels dépassaient largement le cadre de son seul mandat.

La rédaction présente ses condoléances à sa famille, à ses proches et à l'ensemble du personnel du Chantier Naval et Industriel du Cameroun.

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