Il y a des rencontres qui dépassent le simple cadre professionnel. Pour le défenseur camerounais Junior Tchamadeu, croiser la route de Samuel Eto'o n'est pas une réalité ordinaire. C'est l'accomplissement d'un rêve d'enfant, un moment suspendu entre le passé et le présent. Il l'a confié avec une sincérité désarmante dans des propos relayés par Football Verbal.
Tout a commencé bien avant les terrains professionnels, dans le salon familial, devant un écran. « Samuel Eto'o est quelqu'un que, lorsque j'étais petit, mon père me montrait en vidéo en train de jouer au football, et tout le monde connaît son importance dans notre pays », raconte Tchamadeu. Une image universelle au Cameroun : Eto'o, quadruple vainqueur de la Ligue des Champions, deux fois champion du monde des clubs, icône absolue du football africain, projeté sur les murs de milliers de foyers camerounais comme un modèle à atteindre.
Pour le jeune Junior, ces images n'étaient pas de simples archives sportives. C'était une boussole.
Le coup de téléphone qui a tout changé
Il y a environ trois ans, le téléphone de Tchamadeu a sonné. Au bout du fil, une voix. La voix. « Ma première véritable interaction avec lui a évidemment eu lieu lorsqu'il m'a appelé pour la première fois, il y a environ trois ans, et j'ai immédiatement reconnu sa voix au téléphone », confie-t-il. Reconnaître la voix d'Eto'o sans même qu'il se présente : voilà qui dit tout de la place que l'ancien attaquant du Barça et de l'Inter occupe dans l'imaginaire des footballeurs de sa génération.
Mais c'est la rencontre physique qui a achevé de le bouleverser : « Le rencontrer en personne a été encore différent. C'était, comme je l'ai déjà dit, totalement surréaliste, parce que j'ai grandi en regardant ses vidéos. »
Ce qui frappe dans le témoignage de Tchamadeu, c'est la lucidité avec laquelle il décrit l'étrangeté de sa situation actuelle. Avoir le numéro d'Eto'o. Lui envoyer des messages. Recevoir les siens. Des gestes anodins pour n'importe quel duo de professionnels, mais chargés d'une dimension presque irréelle pour celui qui a grandi avec ses photos collées aux murs de sa chambre.
« Des choses aussi simples que d'avoir son numéro et d'échanger avec lui, c'est quelque chose de complètement surréaliste », résume-t-il sobrement.
Un témoignage qui rappelle, si besoin en était, que derrière chaque joueur professionnel se cache un enfant qui a un jour rêvé les yeux ouverts devant un écran — et que certains ont la chance rare de voir ce rêve se matérialiser.