FSNC en danger : des cadres du parti de Tchiroma Bakary prêts à se présenter sous d'autres bannières

Cameroun Issa Tchiroma Bakary Image illustrative

Mon, 23 Feb 2026 Source: www.camerounweb.com

Révélation explosive de Jeune Afrique : le boycott électoral décrété par l'opposant en exil menace de faire éclater son propre camp de l'intérieur.

C'est une bombe à retardement qui gronde dans les couloirs du Front pour le Salut National du Cameroun. Alors qu'Issa Tchiroma Bakary, depuis son exil gambien, a officiellement fermé la porte à toute participation aux prochaines élections législatives et municipales, des cadres influents de son parti envisagent de braver cet interdit en se présentant sous les couleurs d'autres formations politiques. C'est l'une des révélations majeures que fait Jeune Afrique dans une enquête publiée ce lundi, et qui dessine le portrait d'un parti en pleine désintégration silencieuse.

Courant janvier, Tchiroma Bakary avait tranché par voie de communiqué : « Le FSNC n'ira ni aux élections législatives, ni aux élections municipales. » Une décision radicale, aussitôt justifiée par une formule choc selon laquelle « tout parti politique qui y participe cautionne la forfaiture et s'en rend complice ». Mais selon les informations recueillies par Jeune Afrique auprès de sources internes au parti, cette ligne dure ne fait pas l'unanimité. Bien au contraire.

Des coordonnateurs régionaux du FSNC, interrogés par le magazine panafricain, seraient unanimes sur un point : laisser passer ces échéances sans y prendre part constituerait une erreur stratégique lourde de conséquences. « Laisser le FSNC participer aux élections ne signifie pas capitulation, confie à Jeune Afrique Ousmanou Magadji, l'un des soutiens de Tchiroma dans le septentrion. Cela signifie envisager une démarche différente qui fera de lui l'opposant majeur. »

Mais c'est peut-être l'argument des prisonniers politiques qui pèse le plus dans ce débat interne. Des milliers de militants et sympathisants du FSNC ont été arrêtés dans le sillage de la crise post-électorale. Certains sont toujours derrière les barreaux. Pour des cadres du parti, obtenir des élus lors des prochains scrutins — aussi imparfaits soient-ils — constituerait un levier concret pour peser sur la question carcérale. « Ça nous permettra d'avoir un minimum de force pour poser le problème des prisonniers politiques », confie à Jeune Afrique un ancien responsable de l'équipe de campagne de Tchiroma Bakary.

C'est là que la situation bascule dans le critique. Jeune Afrique révèle que face au blocage imposé par leur chef depuis Banjul, certains cadres du FSNC envisagent désormais de se présenter lors des prochains scrutins sous la bannière d'autres formations politiques. Un scénario qui, s'il venait à se concrétiser, porterait un coup dévastateur à l'unité du parti et fragiliserait dangereusement le capital politique qu'Issa Tchiroma Bakary a laborieusement construit lors de la présidentielle d'octobre 2025.

La question qui se pose dès lors est simple mais vertigineuse : un opposant peut-il gouverner son parti depuis l'exil, en imposant une ligne d'intransigeance absolue, sans risquer de le perdre ?

Source: www.camerounweb.com