Crise au port : les conséquences sur la population

Scanning Port De Douala Conséquences

Mon, 23 Feb 2026 Source: L'Indépendant n°1005 du 23 février 2026

La repise normale des opérations d’inspection non-intrusive des cargaisons (scanning) suivant les instructions du Premier ministre, Dion Ngute, met de facto un terme à l’impasse préjudiciable au déroulement de cette activité au Port de Douala-Bonabéri. Entre la correspondance du 13 février 2026 du ministre des Finances, Louis Paul Motaze, adressée au DG du PAD, exigeant le retour sans délai de la SGS aux opérations d’inspection par scanner, le cadre légal et les limites de l'intervention gouvernementale dans le fonctionnement de l'Autorité portuaire suscite moults supputations.

Au PAD, alors qu’il s’employait légalement d'exécuter les directives du Premier ministre pour réintégrer la SGS S.A., Cyrus Ngo’o s'est heurté à une fin de non-recevoir procédurale. Dans une correspondance datée du 12 février 2026, le Dg du PAD dénonce « l’obstination de la société SGS SA à renvoyer le PAD vers son mandant (État/Minfi) », une attitude qu'il qualifie de stratégie de blocage observée depuis plusieurs années.

L'enjeu est sécuritaire autant qu'économique. Le PAD rappelle que, selon le code ISPS, il est le garant de la sûreté des installations. Pour Cyrus Ngo'o, la SGS ne peut agir seule : « Notre démarche [...] procède simplement de ce que la SGS S.A ne peut pas réussir à elle seule la reprise de ses opérations sur le terrain, sans pour cela bénéficier de l'assistance du PAD ».

La note du PAD révèle un incident grave survenu le 10 février 2026. Contre toute attente, les services des douanes auraient décidé unilatéralement de démobiliser le dispositif de scanning. Cette action inclut le retrait de 30 ordinateurs portables et, plus grave encore, le refus de liquider les déclarations en douane non couvertes par les scanners de la SGS. Cette décision brutale a provoqué un goulot d'étranglement immédiat.

Le port faisait ainsi face à un blocage systématique des conteneurs, créant une situation de paralysie que le Dg décrit dans sa correspondance. Les conséquences décrites dans la lettre sont alarmantes. Si le blocage persiste, le PAD prévoit un « engorgement total du Terminal à conteneurs (Tac) » qui finira par « asphyxier la fluidité portuaire ».

L'impact dépasse les frontières nationales : blocage des navires, impossibilité d'accueillir les marchandises à quai et rupture de la chaîne d'approvisionnement. Face à ce qu'il considère comme un sabotage opérationnel ou une incompréhension administrative majeure, le DG du PAD réitère l'urgence d'une réunion tripartite (MINFI-PAD-SGS). Cyrus Ngo’o insiste sur la nécessité d'une reprise « sans délai » et « de manière concertée ». En désignant nommément ses collaborateurs pour piloter l'urgence, le Dg du PAD plaçait ainsi le ministre des Finances devant ses responsabilités : la sécurité et la police portuaire sont en jeu, des domaines auxquels, précise-t-il, le Minfi ne peut « demeurer insensible ».

Source: L'Indépendant n°1005 du 23 février 2026