Destitution de Miss Cameroun: Chantal Biya citée

Biya Marche Chantal Image illustrative

Fri, 27 Feb 2026 Source: www.camerounweb.com

La destitution de Josiane Golonga Haranga, Miss Cameroun 2025, fait des vagues bien au-delà du cercle des amateurs de concours de beauté. Le créateur de contenu Steeve Fah monte au créneau avec une charge émotionnelle et politique rare, appelant la Première Dame Chantal Biya à intervenir personnellement pour sauver ce qu'il considère comme un symbole national en péril.

Personne ne semblait vouloir parler. Steeve Fah, lui, a choisi de le faire. Dans une publication aussi personnelle que politique, l'influenceur camerounais a brisé un silence qu'il juge assourdissant autour de la destitution de Josiane Golonga Haranga, élue Miss Cameroun 2025, et brutalement dessaisie de sa couronne le 25 février 2026 par le Comité d'Organisation Miss Cameroun, le COMICA. La couronne a été transférée à la première dauphine, Audrey Moutongo. Les motifs invoqués par le COMICA font état de plusieurs manquements de la part de la lauréate, sans davantage de précisions publiques.

"On peut retirer une couronne. Mais on ne doit pas salir une génération."

Steeve Fah ne mâche pas ses mots. Ce qui l'indigne d'abord, c'est le spectacle autour de cette destitution : des influenceurs qui rient, des commentaires qui applaudissent, des anciennes Miss qui se taisent, un gouvernement qui regarde ailleurs. Pour lui, cette indifférence collective révèle quelque chose de plus profond qu'un simple désaccord sur la gestion d'un concours. "Quand une Miss tombe, ce n'est pas qu'un titre qui vacille. C'est un symbole national", écrit-il, posant d'emblée l'enjeu à une hauteur que beaucoup n'avaient pas envisagée.

Mais ce qui rend sa prise de position particulièrement tranchée, c'est le portrait qu'il brosse de Josiane Golonga Haranga — et, en creux, de ce que le concours Miss Cameroun est devenu dans l'imaginaire collectif. Selon l'influenceur, être Miss au Cameroun est désormais trop souvent associé, dans l'esprit du public, à "des voyages luxueux, des fréquentations douteuses, des silences complices et des apparences blanchies à coup de produits éclaircissants." Un tableau sévère, mais assumé. Et c'est précisément parce que Josiane échapperait à ce cliché — "noire, digne, fruit du travail" — que sa chute serait, selon lui, suspecte. "Elle est la preuve qu'on peut rêver sans se vendre. Et c'est peut-être cela qui dérange."

Le passage le plus retentissant de la publication de Steeve Fah est sans conteste son interpellation directe de la Première Dame. "J'en appelle respectueusement à la Première Dame : s'il te plaît mama, dis aux gens du COMICA de ne pas gâter ton nom et celui du Cameroun." Un appel qui place Chantal Biya, figure tutélaire des questions féminines et sociales au Cameroun, face à une responsabilité symbolique que l'influenceur estime engagée dans cette affaire.

Car pour Steeve Fah, l'enjeu dépasse largement le COMICA et ses décisions internes. C'est l'image de la femme camerounaise qui est en jeu. "Quelle image voulons-nous donner de la femme camerounaise ? Une image de vitrine mondaine ? Ou une image de valeur, d'intelligence et d'intégrité ?" La question, posée publiquement, attend une réponse que ni le gouvernement, ni les instances concernées, n'ont jusqu'ici jugé bon d'apporter.

La destitution de Josiane Golonga Haranga soulève des questions que le COMICA devra tôt ou tard affronter publiquement : quels sont précisément les manquements reprochés à la Miss ? La procédure a-t-elle été conduite dans les règles et la transparence ? Et surtout — question que Steeve Fah pose en filigrane — les critères qui régissent la gestion de ce concours sont-ils à la hauteur de ce que le Cameroun veut dire au monde sur la femme camerounaise ?

En attendant des réponses, la voix de Steeve Fah résonne. Seule, ou presque. Mais de plus en plus fort.

Source: www.camerounweb.com