Campagne anti-Kamto : Les soutiens de Tchiroma ont trouvé le bouc émissaire

Kamto&tchiroma On l’a vu avec Michelle Ndoki, Celestin Djamen, et autres transfuges du MRC

Sat, 28 Feb 2026 Source: www.camerounweb.com

Les attaques répétées dont est victime le président national du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), le Prof Maurice Kamto de la part des partisans d’Issa Tchiroma trouverait son essence dans l’échec du projet d’un retour au pays clairement identifiable par leur champion. Cette position est soutenue par Brice Nitcheu, patron de la Brigade Anti Sardinars (BAS Section UK)

Campagne anti-Kamto : pourquoi la stratégie des “Born Again” pro-Tchiroma est condamnée à l’échec

Depuis plusieurs semaines, une campagne virulente de dénigrement visant Maurice Kamto s’intensifie sur les réseaux sociaux. Derrière cette offensive numérique se dessine une stratégie politique claire qui vise à affaiblir l’image du leader du MRC pour tenter de repositionner Issa Tchiroma Bakari — aujourd’hui en exil en Gambie depuis la dernière présidentielle — comme figure centrale de l’opposition.

Le discours est désormais bien rodé. Kamto serait « trop mou », incapable de défendre une victoire électorale (même s’il est au pays pour affronter directement le régime), tandis que Tchiroma incarnerait, selon ses apôtres, l’homme fort prêt à agir « par tous les moyens » (même s’il s’est réfugié en Gambie dès le premier coup de feu). Cette opposition artificielle entre prétendue mollesse et radicalité est devenue la ligne directrice d’une campagne qui a pris, ces derniers jours, une tournure agressive, tant par sa violence verbale que par la désinformation qu’elle véhicule.

L’observation attentive des réseaux sociaux révèle une organisation presque méthodique. Une première catégorie regroupe d’anciens collaborateurs de l’Ayatollah Tchiroma, parmi lesquels son directeur de campagne, chargés de produire un brouillard politique destiné à créer le doute sur la crédibilité et le leadership de Kamto. Une deuxième, plus diffuse, entretient la rumeur d’un retour imminent de Tchiroma au Cameroun pour « prêter serment dans quelques mois ». Enfin, une troisième frange — la plus visible et la plus agressive— multiplie attaques personnelles, invectives et provocations, transformant le débat politique en arène de confrontation émotionnelle.

Parmi ces profils figurent certains acteurs issus de la mobilisation de 2018, connus pour avoir bâti leur visibilité autour de Maurice Kamto par leur présence constante à ses meetings, des lives quotidiens à sa gloire, et des communications militantes intenses en diaspora. Ce passé commun rend leur virage actuel d’autant plus révélateur qu’une partie d’entre eux semble persuadée d’avoir fabriqué le leadership qu’ils s’emploient aujourd’hui à déconstruire. C’est dans cette logique qu’a émergé l’accusation la plus loufoque, celle d’une prétendue récupération de la restitution de la dépouille d’Anicet Ekane par Maurice Kamto.

Le 21 février, le leader du MRC publie un communiqué dénonçant la confiscation de la dépouille d’Anicet Ekane par les autorités camerounaises. Deux demandes y sont clairement formulées : la restitution du corps à la famille et la libération des prisonniers politiques. Le lendemain, le gouvernement annonce la restitution de la dépouille. Immédiatement, les réseaux pro-Tchiroma accusent Kamto d’avoir « récupéré » un processus qui aurait, selon eux, été engagé par d’autres acteurs depuis plusieurs semaines. Certains vont jusqu’à évoquer une information privilégiée obtenue par des avocats proches du MRC. Mais au-delà de ce vacarme, analysons ce que signifie réellement une récupération politique ?

En science politique, la récupération désigne l’appropriation individuelle d’un mérite collectif. Elle suppose généralement trois éléments :

1/ la mise en avant d’un rôle personnel central ;

2/ la création d’un récit intentionnel laissant croire que l’action émane principalement d’un seul individu ;

3/ l’effacement du rôle des autres acteurs. Autrement dit, transformer une dynamique collective en capital politique personnel. Maurice Kamto a-t-il revendiqué la restitution comme une victoire personnelle ? A-t-il affirmé être à l’origine exclusive du processus ? A-t-il minimisé publiquement le rôle d’autres intervenants ? Nous pouvons tous dire que la réponse est Non. À quel moment a-t-il donc récupéré la restitution de la dépouille d’Ekane Anicet ?

Il devient de plus en plus clair que les soutiens de Tchiroma ont trouvé le bouc émissaire. Faute du projet d’un retour au pays clairement identifiable, les nouveaux apôtres semblent avoir choisi une stratégie bien connue, qui est construire une figure politique en démolissant une autre. Cette méthode repose sur une logique de polarisation : créer un antagonisme artificiel entre « le dur » et « le mou », entre l’action et la prétendue passivité, entre radicalisme affiché et la lâcheté politique. Mais l’histoire politique récente montre que les campagnes construites principalement sur l’attaque personnelle finissent toujours par se retourner contre leurs initiateurs. On l’a vu avec Michelle Ndoki, Celestin Djamen, et autres transfuges du MRC qui avaient cru devoir construire leur propre légitimité en s’attaquant à Kamto.

Il est parfaitement légitime de défendre Issa Tchiroma Bakari et de vouloir faire émerger son leadership. La démocratie vit du pluralisme et de la concurrence des visions. Mais construire cette promotion exclusivement sur le dénigrement de Maurice Kamto est une stratégie vouée à l’échec. Une alternative crédible ne se construit pas sur la diffamation et les illusions virtuelles, mais sur l’ancrage politique du terrain.

Brice Nitcheu

Source: www.camerounweb.com