Le Ballon d'or camerounais a été décerné. La cérémonie qu'on annonçait grandiose a connu un triste épisode. Alors que tout le monde était concentré sur ce qui se passait sur le podium, Eneo a pris le courant. Toute la salle est devenue obscure, en présence de Chantal Biya, invitée de marque.
Jusqu'aujourd'hui, on se demande qui a osé faire une telle chose. L'événement était connu du fournisseur de l'électricité et à ces occasions solennelles, des consignes claires sont données pour ne pas couper l'électricité dans la zone.
Selon les indiscrétions, le directeur général d'Eneo était bien informé et savait que la femme du président serait sur les lieux, aux côtés de Samuel Eto'o qu'elle admire tant, tout comme son mari qui, lui, n'a pas pu faire le déplacement pour des soucis de santé. Alors pourquoi le palais est-il subitement devenu sans lumière ? Des questions que se pose aussi l'activiste Jorel Zang qui a déjà vu plus que ça.
Pour vous dire à quel point le Cameroun n'est plus gouverné, on n'a même plus peur de couper le courant en présence de la première dame, Chantal Biya. Clairement le respect est mort.
Dans d'autres circonstances, j'aurais été choqué et scandalisé par ce qui s'est passé au palais des congrès, mais quand je vois le niveau de médiocrité dans laquelle la gouvernance actuelle du Cameroun nous a plongés, je n'ai pu m'empêcher d'en rire.
Après tout, ce n'était pas si mauvais de rappeler à madame Biya la réalité du quotidien des Camerounais qui vivent dans le noir pratiquement tous les jours depuis près de 10 ans, voire plus.
J'ose croire donc que cette expérience amère a pu lui faire comprendre que depuis 1994 où elle est au palais, la réalité qui était la sienne est toujours la même pour ses semblables et même pire.
Au-delà, on va même accuser Eneo alors que peut-être, c'était juste un avertissement du ciel aux autorités camerounaises du préambule de la colère divine sur elles.
Une sanction pourrait être infligée au directeur en question pour avoir gâcher en quelque sorte la beauté de l'événement et plongé Chantal Biya dans le noir, avec tout le danger et la panique qu'elle pouvait ressentir. On parle du limogeage au prochain remaniement qui devrait être suivi par la nomination de plusieurs directeurs généraux de société par décret.