Le gouvernement camerounais vient de libérer dix de ses ressortissants rapatriés depuis les États-Unis sous l'administration Trump, qui étaient maintenus en détention secrète depuis près de trois semaines à la Direction de la Police Judiciaire (DPJ) de Yaoundé. Neuf hommes et une femme ont ainsi retrouvé la liberté ce mardi, au terme d'une détention opaque qui soulève de nombreuses questions sur le traitement réservé aux compatriotes de retour au pays.
Selon les informations recueillies par notre rédaction, les conditions de détention de ces dix Camerounais étaient particulièrement indignes. Entassés hommes et femmes dans une même cellule insalubre, ils étaient contraints de se battre contre des rongeurs et de mendier auprès des agents de garde pour obtenir de l'eau potable et de la nourriture, tandis que les ressortissants d'autres nationalités arrivés sur le même vol étaient, eux, hébergés dans des appartements meublés et pris en charge.
Le commissaire Bruno Glede, directeur de la Police Judiciaire, aurait justifié cette détention par la nécessité de mener une enquête visant à déterminer si ces personnes avaient participé à des attaques contre des missions diplomatiques camerounaises aux États-Unis. Un prétexte qui ne tient pas la route, puisqu'aucune attaque contre une ambassade ou un consulat camerounais n'a été enregistrée sur le sol américain.
Camerounweb a tenté, à quatre reprises, de joindre le commissaire Bruno Glede pour obtenir des éclaircissements sur cette posture sécuritaire, sans jamais obtenir de réponse. Ce silence des autorités face à une situation aussi grave interroge sur la transparence de l'État dans la gestion de ce dossier sensible.
Une image exclusive obtenue par notre rédaction depuis l'intérieur de la cellule montre clairement la promiscuité dans laquelle vivaient ces détenus : on y aperçoit une femme allongée et un homme se couvrant d'un drap bleu, partageant le même espace exigu. Si la libération de ces dix Camerounais constitue un premier pas, les conditions de leur détention illégale appellent à une enquête indépendante et à des réponses officielles que la nation attend toujours.