Révélations explosives sur la Libération de la sénatrice Mundi : un journaliste d'investigation pointe le rôle trouble de Ngoh Ngoh

Ngoh Ngoh Mvondo Ayolo  CCCCC Image illustrative

Thu, 5 Mar 2026 Source: www.camerounweb.com

Près de quatre ans après les faits, l'affaire de l'enlèvement et de la libération de la sénatrice Elizabeth Regina Mundi refait surface, avec des révélations qui pourraient remettre en cause la version officielle longtemps défendue par l'armée camerounaise.

C'est le journaliste d'investigation Michel Biem Tong, figure reconnue du journalisme camerounais, qui allume la mèche. Dans une publication sur Facebook relayée ce jour, il affirme que Ferdinand Ngoh Ngoh, ministre d'État, Secrétaire général de la présidence de la République, aurait dépêché un officier subalterne en service à la présidence directement dans le camp des Ambazonia Defence Forces (ADF) — la milice séparatiste loyale au leader Ayaba Cho — afin de superviser les modalités de « libération » de la parlementaire.

« Ferdinand Ngoh Ngoh aurait envoyé un officier subalterne en service à la présidence de la République dans le camp des Ambazonia Defence Forces (loyaux au leader séparatiste Ayaba Cho), pour superviser les modalités de "libération" de la sénatrice Régina Mundi », écrit-il, annonçant des détails supplémentaires sur sa chaîne YouTube.

Pour rappel, la sénatrice Regina Mundi avait été enlevée le 30 avril 2022 à Bamenda par l'ADF, alors qu'elle se rendait à un mariage avec son chauffeur. Les séparatistes avaient exigé la libération de 75 de leurs combattants détenus par Yaoundé, menaçant d'exécuter l'otage si leurs conditions n'étaient pas satisfaites avant le 20 mai.

Le 30 mai 2022, le ministère de la Défense avait annoncé en grande pompe la libération de la sénatrice au terme, selon lui, d'une opération militaire dans l'arrondissement de Batibo, département de la Momo. Le bilan communiqué faisait état d'une dizaine de terroristes neutralisés, de trois capturés, et de plusieurs armes saisies.

Mais dès le lendemain, des contradictions étaient apparues. « Capo Daniel », numéro 2 de l'ADF, avait confirmé l'affrontement armé tout en affirmant que ses combattants n'avaient enregistré aucune perte — en contradiction flagrante avec le bilan du Mindef. Il avait même évoqué avoir « libéré quatre personnes des mains de l'armée », sans mentionner explicitement le cas de la sénatrice. Des militants séparatistes avaient alors publiquement accusé Capo Daniel de collusion avec l'armée.

Si les révélations de Michel Biem Tong se confirment, elles bouleverseraient le récit qui a prévalu pendant près de quatre ans : non pas une opération militaire victorieuse, mais une négociation secrète, menée en dehors des canaux officiels et au plus haut niveau de l'État, avec des séparatistes armés.

Une telle configuration soulèverait des questions majeures sur la transparence des pratiques gouvernementales dans la gestion de la crise anglophone, et sur les véritables ressorts des accords passés en coulisses avec les groupes armés.

Michel Biem Tong a promis davantage de détails. La suite s'annonce explosive.

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