Exclusif : Boney Philippe révèle ce qu'il a dit au CNC — « J'ai assumé les propos d'Essomba sur le pouvoir Ekang »

Boney Philippe Image illustrative

Sun, 8 Mar 2026 Source: www.camerounweb.com

On savait que Boney Philippe avait été convoqué par le Conseil National de la Communication (CNC) avant que tombe la sanction d'un mois de suspension. On ignorait ce qu'il y avait dit. C'est désormais chose faite. Dans un extrait de l'émission Club d'Élites sur Vision 4, le directeur général des médias du Groupe L'Anecdote a levé le voile sur le contenu de son audience devant le régulateur — et la révélation est explosive.

Face à ses responsables du CNC, Boney Philippe n'a pas cherché à se défausser sur les invités du plateau ni à minimiser la portée des échanges incriminés. Il a fait le choix inverse — celui d'une prise de responsabilité directe. « Ce que j'ai dit au CNC pendant mon audience, j'ai dit aux responsables que j'assumais vos propos [Dieudonné Essomba], parce que moi aussi, je pensais que le pouvoir est Ekang au Cameroun », a-t-il déclaré, sans ambages.

Une déclaration qui, en quelques mots, éclaire d'un jour nouveau toute l'affaire : Boney Philippe ne s'est pas défendu devant le CNC — il a confirmé partager l'analyse de son invité sur la concentration du pouvoir politique au sein d'un groupe ethnique.

L'ethnie au cœur du dossier

La teneur réelle des propos sanctionnés prend ainsi une dimension plus précise. Au-delà de la mise en cause du Premier ministre et de l'intégrité du scrutin présidentiel — motifs officiellement invoqués par le CNC —, c'est la question de la domination du groupe Ekang sur les sphères du pouvoir camerounais qui semble avoir constitué le cœur du problème. Boney Philippe lui-même en suggère la lecture : « Du moins, les Ekang se gargarisent d'avoir le pouvoir. C'est peut-être cela qui scelle la décision. »

Une phrase qui laisse entendre que c'est moins la forme des propos que leur fond ethno-politique qui a motivé la sévérité du régulateur.

Cette révélation place l'affaire Boney Philippe dans une perspective radicalement différente de celle du simple dérapage éditorial. Elle pointe vers un débat de fond que le Cameroun post-électoral ne parvient pas à étouffer : celui de la représentation ethnique au sommet de l'État, et de la liberté des médias à en débattre.

En choisissant d'assumer publiquement — d'abord devant le CNC, puis sur son propre plateau — des propos qui lui ont coûté un mois de suspension, Boney Philippe envoie un signal clair : il ne regrette pas le débat. Il regrette seulement la sanction qui l'a suivi.

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