L'éviction d'Ali Bongo Ondimba et de son épouse Sylvia Bongo a provoqué une stupeur au Gabon et en Afrique en général. Cela faisait des années que le clan Bongo régnait d'une main de fer sur le pays. Qui l'aurait cru ! Le président sortant voulait briguer un nouveau mandat, même dans l'incapacité physique qu'on lui reconnaissait depuis son accident vasculaire cérébral en 2018. C'est peut-être la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.
Pour revenir sur l'affaire, l'écartement d'Ali Bongo de la présidence de la République s'est fait en deux phases : un coup d'État militaire en août 2023, suivi d'une longue période de détention et de poursuites judiciaires qui s'est achevée en 2025 par l'exil de monsieur et madame Bongo.
La fin du règne d'Ali Bongo est arrivée à cause des résultats de l'élection présidentielle proclamés par l'institution habilitée à le faire et qui avait une fois encore donné Ali Bongo comme le grand gagnant, avec un score très suspect.
Ce jour, à 3 heures du matin, Ali Bongo venait d'être proclamé vainqueur avec 64 % des voix, dans un pays ou tous les citoyens ou presque dénonçaient les conditions de vie et de travail devenues exécrables et la gestion Bongo qui était devenue chaotique, un ensemble de choses qui faisait que les habitants réclamaient un changement radical, avec un nouveau visage.
L'armée suivait tout avec beaucoup d'attention. Quelques minutes après la proclamation, elle est intervenue. Un groupe de militaires est apparu brusquement à la télévision pour annuler le scrutin et dissoudre les institutions, dénonçant ainsi un manque total de transparence.
Le général Brice Clotaire Oligui Nguema, devenu président par la suite grâce à l'élection présidentielle qu'il a réorganisée, était le chef de la Garde républicaine. Ce cousin d'Ali Bongo a décidé qu'il fallait arrêter le désormais ancien président dans sa tentative qualifiée de folle, d'égoïste et tout ce que vous voulez.
Le fils et l'épouse d'Ali Bongo, eux, ont été mal traités. Un moyen de leur faire comprendre que l'époque où ils profitaient des largesses du président et se permettaient toute sorte de vices à la tête du pays est finie.
Sylvia Bongo a été accusée de blanchiment de capitaux, faux et usage de faux et de détournements massifs de fonds publics. Elle a été incarcérée à la prison centrale de Libreville en octobre 2023 avant d'être relâchée après qu'elle a signé des documents l'empêchant d'intenter un procès et la faisant renoncer à une partie considérable des biens acquis grâce aux mandats présidentiels de son mari.
S'agissant de leur fils, Noureddin, en novembre 2025, la Cour criminelle spécialisée l'a condamné à 20 ans de réclusion criminelle par contumace pour détournement de deniers publics et corruption.
Ce n'est qu'en mai 2025 qu'une mise en liberté provisoire a été accordée pour Sylvia et Noureddin pour « raisons médicales ».
Dans une interview accordée à France 24, Sylvia Bongo pleure en expliquant ce qu'elle a vécu quand elle est passée de première dame à une femme sans pouvoir parce que déchue avec son mari. Il affirme dans la vidéo tout le mal qu'on a fait à son fils sous ses yeux et comment elle a failli mourir. Des déclarations qui vont faire peur à Chantal Biya dont on annonce la fin imminente, avec son mari Paul Biya. Les deux personnes ont, à quelques exceptions près, le même destin que Sylvia et Ali. À voir.