Lutte contre le régime Biya : Désillusionné, Luc Pierry WANDJI rend officiellement les armes

Luc Perry Wandji DEPART 'Ces pratiques de sorcellerie politique m'insupportent'

Wed, 11 Mar 2026 Source: www.camerounweb.com

Le journaliste Luc Pierry Wandji vient de pousser un cri de désillusion et une annonce de retrait (temporaire ou définitif) de la scène politique active au sein de la diaspora camerounaise. Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, il dénonce une opposition "émiettée et épuisée" qui, par son immaturité, fait le jeu du régime en place. Il choisit de s'écarter de ce qu'il juge être une parodie de résistance pour préserver sa dignité et se préparer à l'après-Biya de manière plus constructive.

Déclaration : « Je rends officiellement les armes »

ICI, MA PAUSE, DANS MA LUTTE CONTRE LE POUVOIR DE PAUL BIYA.

Quand les forces supposées être du progrès deviennent rétrogrades, il y a lieu de s'arrêter.

Qui n'est pas ahuri par le tintamarre de ces derniers mois, dans la diaspora camerounaise ? Qui n'est pas scandalisé par ces révélations fracassantes, ces écoutes téléphoniques, et ces injures interminables entre partisans de Issa Bakary, Tchiroma de Garoua, et ceux de Maurice Kamto ?

Croyez-moi, je suis silencieux à ce propos depuis bientôt trois mois; mais, j'en souffre. Je ne supporte plus l'exhibitionnisme des fanfarons qui polluent depuis peu, l'air rafraichi de la résistance au pouvoir totalitaire du régime Biya, par des prises de position qui ringardise la lutte, entretiennent des contradictions factices, au détriment des vrais enjeux.

Voici déjà quelques années qu'en tant qu'intellectuel, j'ai tout donné, tout misé, pour dire à quel point j'ai en horreur l'arbitraire qui gouverne mon pays. Pour signifier [en évitant du mieux que je peux de m'acharner sur des individus ou de les calomnier] à quel point je suis contre le modèle de gouvernance de Paul Biya.

Jamais, je ne l'ai fait pour que ma voix fût associée à celle de ces amateurs qui, ayant pignon sur rue, grâce aux réseaux sociaux [où l'on nivelle souvent vers le bas...astral], parviennent à faire de leur inconsistance et de leur médiocrité, le baromètre de la résistance à l'ordre établi.

Mais, bon Dieu, qui sont ces opposants qui, à une heure aussi critique de l'histoire de notre pays, continuent de se crêper le chignon [publiquement], par des puérilités et des insanités, qui indiquent clairement qu'ils n'ont aucune mémoire; aucune perspective sérieuse, et qu'ils ont littéralement oublié que des hommes sont tombés, des femmes ont été abattues, des enfants tués, pour que la rupture d'avec le système et les méthodes des années Biya, et la course vers le progrès du pays, soient l'horizon indépassable de ceux qui se réclament des forces du progrès. Nous en sommes très loin.

J'y ai pourtant cru. J'y ai vraiment cru, moi aussi. Hélas, en y laissant une partie de ma santé physique et émotionnelle. J'ai perturbé le cours de toute une vie, et de ceux qui en dépendent, pour que mes aspirations profondes de justice - et rien de moins - fusionnent à l'unisson, avec celles d'autres camerounais. Non pas pour associer [même tacitement] ma voix et mes prises de position aux querelles de chiffonniers, aux absurdités infantiles, aux trahisons, à la parade des pubères politiques, et surtout pas à la parodie de résistance en cours.

Force est de constater que nous sommes bien loin de l'objectif du changement escompté. Que, manifestement l'hyper puissance, l'hyper présidence, et la brutalité intransigeante du régime en place au Cameroun, rencontrent, aujourd'hui, l'inconscience et l'immaturité de ceux qui jouent à faire la révolution plutôt qu'à la faire véritablement. Ceux qui, dans leur inclination vacuitaire, prennent sans cesse pour cible d'autres acteurs du changement. Surréaliste.

Mais, bon sang, par quelle illumination, est-il venu à l'esprit de M. Issa Tchiroma Bakary, de tanser Professeur Maurice Kamto, et de vouloir lui ravir la vedette du leadership des forces de l'opposition en même temps qu'il revendique son élection à la magistrature suprême ? Par quelle alchimie s'est-il improvisé leader du changement, alors que les camerounais lui ont confié le mandat du chassement?

Qui peut me dire pourquoi les soutiens de Issa Tchiroma s'en prennent si vertement au président Maurice Kamto depuis peu ?

En quoi a-t-il obstrué le chassement tant attendu, pour lequel Issa Tchiroma a été copté et mis en mission ?

Aussi, qui peut bien m'expliquer pourquoi, en l'absence de Maurice Kamto dans la course au fauteuil présidentiel, certains de ses soutiens ont cru faire œuvre utile au changement et au progrès, en sabordant le quasi consensus qui s'est dégagé sur le choix conjoncturel du chassement, confié, en désespoir de cause, à Issa Tchiroma Bakary ?

Ces pratiques de sorcellerie politique m'insupportent. Je ne m'y retrouve plus. Je refuse de jouer avec la vie des camerounais et le destin de mon pays. Je n'en peux plus d'entendre ces fariboles et quolibets qui polluent l'air d'un si noble combat.

Voilà pourquoi, au nom de la dignité, et du sérieux avec lequel je m'engage dans tout ce que je fais, j'ai décidé de marquer une pause, et de ne pas cautionner par mes silences, cette parousie.

Je suis au bout de ma colère et de ma déception. Je n'en peux plus, de voir ainsi malmenées des années de lutte (y compris les miennes), dans la boue des rivalités personnelles, des règlements de comptes, et des crocs en Jambes absolument insupportables.

Bientôt, je mettrai en vidéo, cette déclaration que j'ai mûri, et que je redige spontanément et publie à l'instant: par devoir de transparence, parce j'ai fait de la cohérence et de la sincérité, ma religion absolue en politique et dans mon métier. Je fais cette sortie, pour être en accord avec ma conscience, honnête envers l'opinion publique, et dire la vérité, à la postérité.

Je fais cette sortie, afin que plus jamais, ma voix ne soit associée au grabuge qui vient du « comedy club » que l'on appelle Résistance dans la diaspora camerounaise; et qui rame contre mes valeurs et ma culture politique.

Faute d'alliés crédibles, au milieu de cette diaspora révolutionnaire définitivement émiettée, au milieu de cette opposition épuisée et dépassée, et, parce que manifestement la résistance et la révolution d'Octobre 2025 ont fait pschitt, au profit du Monsieur Biya, je rends officiellement les armes et m'arrête, pour :

- Me préparer à l'après Biya.

- Me consacrer à ma famille, ma propre vie, et mes projets.

- Au développement de la communauté Bamiléké qui a beaucoup à donner au Cameroun, à l'Afrique et au monde.

- À la vision transpartisane et éducative du RESACAM (Réseau des amis du Cameroun) dont je préside aux destinées.

Source: www.camerounweb.com