L'affaire prend une tournure judiciaire. Le Cabinet d'Avocats BEBE, représenté par Me René Roger Bébé, a déposé ce 11 mars 2026 une plainte contre Mang Jacques Bertrand auprès du Délégué Régional de la Sûreté Nationale du Littoral à Douala. Les plaignants sont au nombre de quatre : l'Honorable Cabral Libii Li Ngue Ngue, Député à l'Assemblée Nationale et Président National du Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (PCRN), Batoum Jean-Louis, chef d'entreprise domicilié à Douala-Bassa, Messey Frantz Fritz, en service au Port Autonome de Douala, et Nguedjo Clotaire.
Un milliard de FCFA d'Owona à Cabral Libii : l'accusation qui a tout déclenché
Au cœur de la plainte figure une accusation explosive. Selon le document officiel, Mang Jacques Bertrand aurait déclaré publiquement détenir des vidéos montrant Cabral Libii Li Ngue Ngue recevant des mains du ministre du Travail et de l'Emploi Grégoire Owona la somme d'un milliard de francs CFA, en échange de sa caution à la « victoire truquée » du président Paul Biya lors de l'élection présidentielle d'octobre 2025. Il aurait également affirmé avoir personnellement assisté à la réunion au cours de laquelle cette remise d'argent aurait eu lieu.
S'en prenant aussi à la posture républicaine du président du PCRN — qui avait publié un communiqué prenant acte des résultats officiels et félicitant Paul Biya —, le mis en cause aurait qualifié Cabral Libii de « fossoyeur de la démocratie » et de « faux opposant à la solde du régime », affirmant que cette posture visait à faire obstacle à la reconnaissance de la victoire d'Issa Tchiroma Bakary.
La mort de Ngo Lingom imputée à Batoum, Messey et Nguedjo
Les accusations ne s'arrêtent pas là. Toujours selon la plainte, Mang Jacques Bertrand a également mis en cause Batoum Jean-Louis, Messey Frantz Fritz et Nguedjo Clotaire, en leur imputant publiquement la responsabilité du décès de la regrettée Ngo Lingom — déclarant, là encore, détenir des preuves à l'appui de ses allégations.
Les requérants formulent deux demandes précises auprès du Délégué Régional. D'abord, solliciter auprès de l'ANTIC la certification des déclarations diffusées sur les chaînes de télévision et les réseaux sociaux, contenus dans une clé USB blanche de marque ABB jointe en pièce. Ensuite, sur la base de cette certification, interpeler Mang Jacques Bertrand et le traduire devant la justice.
Les plaignants s'appuient notamment sur les articles 74 et 305 du Code pénal, la loi de 1990 relative à la communication audiovisuelle, ainsi que la loi n°2010/012 du 21 décembre 2010 relative à la cybersécurité et à la cybercriminalité au Cameroun