Il se présente lui-même comme « celui qui gratte là où ça fait mal ». Et dans cette tribune coup de poing, Stéphane Nketcha ne s'économise pas. Prenant appui sur la plainte que l'épouse de Djeukam Tchameni — détenu politique depuis le 24 octobre 2025 — s'apprête à déposer devant le tribunal, l'auteur démonte méthodiquement ce qu'il appelle un « crime de sale réputation » : le soir même de l'arrestation de Tchameni, Bruno François Bidjang avait publié sur sa page Facebook un post annonçant la saisie d'un arsenal de guerre chez le militant — 9 734 faux procès-verbaux ELECAM, des AK-47, un Beretta, des uniformes militaires, du Tramadol et 48 millions en cash —, des preuves qu'il avait promises en images et qui n'ont jamais existé. Mais cette affaire, pour Nketcha, n'est pas seulement un duel entre deux hommes : c'est le miroir d'une « société malade » où le menteur prospère sous protection, pendant que nos enfants apprennent que le buzz et la méchanceté valent mieux que la vertu. Entre Orwell, Aimé Césaire, Martin Luther King et le procès de Nuremberg, Nketcha convoque l'histoire pour rappeler une seule vérité : « L'arc de l'univers moral est long, mais il penche vers la justice. »
Mesdames et Messieurs, bonjour. Ici, votre professeur, celui qui gratte là où ça fait mal.
D'ici quelques heures, une plainte officielle va être déposée au tribunal. La femme de monsieur Djeukam Tchameni, éprouvée, meurtrie, mais debout, va saisir la justice. Pourquoi ? Parce que son mari, aujourd'hui derrière les barreaux, est victime de ce que j'appelle un "crime de sale réputation" .
Nous allons parler de Bruno Bidjang. Qui est cet homme ? Un individu qui, sous couvert d'une pseudo-objectivité, s'est amusé à monter de toutes pièces un scénario catastrophe. Sur sa page Facebook, il balance que Djeukam Tchameni aurait chez lui un arsenal de guerre : des fusils d'assaut AK-47, un pistolet Beretta, des uniformes militaires, 9 734 faux procès-verbaux ELECAM, des munitions, du Tramadol, et même 48 millions en espèces et Mobile Money .
Il promet des images choc. Il vend du rêve aux naïfs. Et puis, que se passe-t-il ? Des semaines passent, et les preuves ? Elles n'existent pas. Le seul "matériel" que Bruno Bidjang a produit, c'est du vent, de la fumée, des mensonges ignobles pour détruire un homme. Comme le disait George Orwell, "Dans une époque de tromperie universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire."
Mais là où le bât blesse, ce n'est pas juste l'histoire de deux hommes qui s'affrontent. C'est le symptôme d'une société malade. Nous sommes en train de vivre, avec une complaisance déconcertante, la chute programmée de nos repères.
Regardez autour de vous. Aujourd'hui, au Cameroun, on a tout désacralisé pour la jouissance immédiate. La parole donnée ne vaut plus rien. L'honneur est devenu une variable d'ajustement. Le voleur qui a les bons appuis ouvre un commerce en plein centre-ville et personne ne dit rien. Le menteur, comme Bruno Bidjang, si ses mensonges servent un certain discours ou un certain camp, il est protégé. Non seulement il est protégé, mais il est récompensé. On lui laisse les projecteurs de la République. On le cite, on le diffuse, on l'invite.
Pendant ce temps, nos enfants grandissent. Ils voient ça. Ils voient que le chemin de la réussite n'est pas le travail, ni la vertu, mais le buzz, le mensonge et la méchanceté. Comme le disait Aimé Césaire, "La besogne de l'homme est de faire triompher la justice parmi les choses des hommes." Mais aujourd'hui, c'est l'inverse. La méchanceté est devenue banale. On s'indigne cinq minutes sur WhatsApp, et le lendemain, on a oublié. On s'habitue. On normalise l'inacceptable. Et cette accoutumance est notre tombeau collectif.
On demande à nos enfants d'être des modèles, mais on leur offre en spectacle des menteurs qui prospèrent. On détruit les repères des pères pour élever des enfants sans racines. C'est une tragédie silencieuse.
Mais je veux terminer sur une note d'espoir, ou plutôt de justice immanente. À ceux qui, comme Bruno Bidjang, bâtissent leur carrière sur le mensonge et la ruine des autres, je dis ceci : tôt ou tard, vous le paierez.
L'histoire est pleine de ces leçons. Prenons l'exemple du Procès de #Nuremberg. Après la chute du régime nazi, des centaines d'officiers ont fui. Ils se sont cachés en Amérique du Sud, pensant avoir gagné la paix. Mais la justice avait une longue mémoire. Traqués, jugés, pendus. Peu importe le temps que ça prend, le boomerang du mensonge revient toujours frapper son lanceur.
Je vous laisse avec cette citation de Martin Luther King : "L'arc de l'univers moral est long, mais il penche vers la justice." Aujourd'hui, on croit que les méchants gagnent. Mais le chemin est long. Et au bout, il y a Nuremberg. Il y a toujours un tribunal pour les bourreaux.
Je vous remercie. Ne vous habituez pas. Résistez.
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