Concours ENAM 2026 : une liste révèle que les enfants des ministres, DG et hauts fonctionnaires ont raflé les admissions

Des élèves De L'ENAM Lors De La Rentrée Solennelle De 2016 Image illustrative

Thu, 12 Mar 2026 Source: www.camerounweb.com

Une liste circule depuis quelques jours et fait l'effet d'une bombe dans les milieux étudiants et dans l'opinion camerounaise. Présentée dans une lettre ouverte de l'Association pour la Défense des Droits des Opprimés (ADDO), signée par son président Hassana Tchiroma, cette liste répertorie les candidats récemment admis définitivement au concours de l'École Nationale d'Administration et de Magistrature (ENAM) — et le constat est accablant : à travers toutes les sections, les enfants et proches des membres du gouvernement, des directeurs généraux, des hauts fonctionnaires et des élus du RDPC occupent une large part des places.

20 noms en Administration générale : un annuaire de l'élite au pouvoir

En Section Administration Générale seule, la liste compte au moins 20 noms directement rattachés à des figures du pouvoir. On y retrouve notamment la fille de la ministre Nalova Lyonga, la fille du Secrétaire d'État à la Gendarmerie Galax Etoga, le fils du ministre de la Fonction Publique Joseph Le, la fille du DG du Budget Cyril Edou Aloo, ou encore la fille du DG de la CSPH Okie Johnson Ndoh.

D'autres sections sont tout aussi éloquentes : en Greffes, les filles de deux sous-préfets. En Judiciaire, la fille du Lamido de Maroua. En Division Administrative, la fille du Premier Adjoint au Maire de Yaoundé. En Prix, Poids et Mesures, le fils du directeur de LANAVET de Garoua.

Pour l'ADDO, ces admissions ne doivent rien au mérite et tout au carnet d'adresses. L'association formule dans sa lettre une demande explicite au chef de l'État : annuler ces résultats, au motif que la liste des admis « regroupe tout simplement les fils de ses collaborateurs Ministres et Directeurs généraux véreux qui ne lui rendent pas service ».

L'ADDO pointe également un incident révélateur au concours de police : le Délégué Général de la Sûreté Nationale aurait bloqué la proclamation officielle des résultats après avoir constaté que 88 % des candidats admis étaient originaires des régions Centre, Sud et Est — et ce, sur « hautes recommandations de certaines autorités ».

Ce qui se joue derrière ces admissions, c'est la destruction méthodique de l'égalité des chances. Dans un pays où l'entrée à l'ENAM conditionne l'accès aux postes de l'administration publique, chaque place prise par un enfant de ministre est une place volée à un enfant de paysan, d'enseignant ou d'agent de santé qui a révisé pendant des mois. L'ADDO le dit sans détour : « Le menteur, comme le fraudeur, si ses mensonges servent un certain discours ou un certain camp, il est protégé. Non seulement il est protégé, mais il est récompensé. »

En joignant cette liste à une lettre adressée au Pape Léon XIV, Hassana Tchiroma envoie un message autant aux autorités camerounaises qu'au Saint-Père lui-même : les prières ne suffiront pas tant que la justice ne sera pas rétablie dans les institutions.

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