Il y a des limites à ne pas franchir, peu importe à quel point l'envie est forte. Norbert n'en est pas convaincu, lui qui a toujours ciblé des filles dans le quartier qu'il habite et les zones environnantes. Chacune, d'une façon ou d'une autre, a fini dans son lit.
L'employé dans une société publique de la capitale Yaoundé est connu pour être très généreux lorsqu'il s'agit de donner de l'argent ou d'offrir des cadeaux à ses conquêtes. Les habitants du quartier racontent même qu'il arrivait quelquefois où ses nombreuses copines se retrouvaient chez lui au même moment, mais ne faisaient pas de scandale parce qu'elles étaient bien traitées et bénéficiaient des largesses du monsieur.
Faire du tapage reviendrait à sortir du cercle du citoyen qui détient un poste de responsabilité dans la boîte où il travaille, ce qui lui permet d'être bien payé et d'avoir des économies que la plupart des jeunes hommes de la ville n'ont pas. Comme le dirait quelqu'un, la bouche qui mange ne parle plus, s'en étaient convaincues les filles.
La technique utilisée par Norbert pour attirer ses "proies" est la même depuis des années. Il les rencontre, les séduit et arrive à avoir leur numéro de téléphone. Avant le premier rendez-vous, il s'assurait d'envoyer sur leur portemonnaie électronique une grosse somme comme un simple cadeau pour leur permettre d'acheter tout ce qu'elles veulent.
Une des victimes de l'homme âgé d'une trentaine d'années, tout en souhaitant garder l'anonymat, nous a raconté qu'elle a obtenu la première fois, sans qu'elle ne se déplace ou ne fasse rien qui la mérite, une somme de 150 000 francs CFA. « Je l'avais trouvé comme 150 000 000 de francs à l'époque. C'était tellement grand pour moi qui arrivais à toucher à peine 30 000 francs durant tout le mois. Alors imaginez quelqu'un qui vient de vous rencontrer et qui vous vire 150 000 francs sans rien demander en retour », confie-t-elle.
Le geste avait tout de même paru bizarre et suspect à la jeune fille. Elle a longtemps réfléchi à la situation, ce que pouvait vouloir cet homme en retour, même s'il n'a encore rien formulé comme demande. Elle a finalement voulu se convaincre qu'il existe encore des personnes de bon cœur dans la capitale. Elle avait tort de le faire.
Ce n'est que plus tard qu'elle s'est rendue compte de sa naïveté. Norbert a demandé qu'ils se voient enfin. Chez lui. Là encore, il a envoyé de l'argent pour le transport, soi-disant. Cette fois-ci, c'était 300 000 francs. Une sorte d'appât qui a fait dire à la victime, cupide elle aussi, que c'est un plan intéressant qui pourrait déboucher sur des réalisations impeccables en très peu de temps.
Une fois sur place, la maison insonore, elle a été gavée d'alcool. Norbert l'a explorée par derrière assez violemment, de telle sorte qu'elle n'arrive plus à marcher correctement, même aujourd'hui. La même pratique, le cadre de société l'a répétée avec plusieurs autres filles que celle-ci a connues plus tard chez lui. Vous avez bien compris, elle n'a pas arrêté d'aller voir le monsieur parce qu'elle y trouvait de l'argent et pas qu'un peu. Quitte à se détruire physiquement pour ces misérables billets qui lui faisaient du bien.
Ce n'est que récemment que le bourreau est devenu à son tour la victime. L'homme a voulu passer un cap supérieur, passer de jeunes filles à femmes au foyer, jugées comme étant plus mûres et matures. La technique n'a pas changé, l'argent proposé a été doublé, voire triplé pour certaines mamans du quartier qu'il apprécie bien et avec lesquelles il faisait de petites blagues destinées à maintenir la bonne humeur.
Tata Josée, comme lui-même l'appelle, est l'une d'entre elles. Ce qu'il ignorait, c'est que l'une des filles qu'il avait plusieurs fois sodomisée et qui a fini par s'éloigner de lui après qu'elle a donné sa vie à Jésus, avait déjà échangé avec elle. Josée savait alors tout. Arrivée chez lui, non pas pour coucher pour de l'argent, mais pour venger les autres qui sont tombées dans le piège, elle a refusé de boire. Mais encore, elle avait une substance qu'elle a glissée dans le verre de Norbert lorsque celui-ci est allé aux toilettes pour se soulager pendant quelques secondes.
À son retour, il vide le verre et quelques minutes après, le produit commence par faire effet. Il est lucide, mais n'a plus la force nécessaire pour se défendre. Josée le déshabille, le tourne et lui enfonce une grosse barre de fer dans la partie qui lui sert à faire ses selles. Le cadre n'avait pas de force pour crier et la pièce était insonore, rappelez-vous.
De retour au quartier, avec le sentiment du devoir accompli, Josée raconte ce qui s'est passé à tout le monde. Norbert, lui, passe, toute honte bue, sentant des regards moqueurs, mais ne pouvant rien dire à personne, craignant que ses nombreux écarts de conduite lui fassent perdre son boulot et même aller en prison. Il ne marche plus bien et la grosseur de ses pantalons depuis "l'accident" qu'il a eu fait dire à tout le monde qu'il porte des couches.