Eto'o coupe le cordon avec l'État : Jeune Afrique révèle comment la FECAFOOT finance désormais ses sélectionneurs

Eto'o Kombi Absence De Brys Image illustrative

Mon, 16 Mar 2026 Source: www.camerounweb.com

C'est une révolution tranquille dans le modèle économique du football camerounais. Dans une interview accordée à Digital B Agency et analysée en exclusivité par Jeune Afrique ce 15 mars 2026, Samuel Eto'o a acté une rupture majeure : la FECAFOOT prend désormais seule en charge les salaires de tous ses sélectionneurs nationaux — une charge jusqu'ici assurée par l'État pour l'équipe première masculine. Derrière cette annonce spectaculaire, une architecture financière inédite que Jeune Afrique décortique pièce par pièce.

« Nous ne pouvons pas continuer comme cela, avec ce modèle économique où nous allons tout le temps demander à l'État de payer toutes les dépenses des équipes nationales », a déclaré Eto'o, cité par Jeune Afrique. En filigrane, le diagnostic est sévère : une fédération qui tend perpétuellement la main à l'État est une fédération sous tutelle — incapable de décider librement de ses choix sportifs et techniques sans devoir en négocier le financement avec le MINSEP. Pour le président de la FECAFOOT, ce modèle de dépendance est aussi une forme de servitude politique.

Le quart de finale du Maroc, un apport providentiel d'1,1 million d'euros

Jeune Afrique révèle le premier pilier de ce nouveau modèle : les dotations de compétition. Le parcours honorable des Lions Indomptables jusqu'aux quarts de finale de la CAN 2025 au Maroc — éliminés 0-2 par le pays organisateur — a rapporté à la FECAFOOT la dotation que la CAF verse à chaque quart de finaliste : 1 122 000 euros. Une somme significative, qui prouve que les résultats sportifs ont désormais une traduction directe sur la santé financière de la fédération. Aller loin dans les compétitions, c'est aussi financer les salaires des techniciens.

Le second pilier, et le plus structurant sur le long terme, c'est la base de sponsors que la FECAFOOT a constituée discrètement. Jeune Afrique en révèle la liste complète : MTN Cameroun, Orange Cameroun, l'équipementier suisse Fourteen, l'opérateur de paris 1XBet, et cinq partenaires locaux — Sky Motors Group, Société Anonyme des Boissons du Cameroun, BetPawa, Guinness Cameroun et TIOF.

Un portefeuille de dix partenaires, mêlant multinationales des télécoms, acteurs des paris sportifs et entreprises locales — une diversification qui réduit la vulnérabilité de la fédération face à la défaillance d'un seul partenaire. « Le président souhaite que tous les sélectionneurs — onze techniciens et les staffs — soient sous contrat avec la fédération », confirme une source interne à la FECAFOOT citée par Jeune Afrique.

Jeune Afrique précise toutefois les limites de cette autonomie : l'État continuera à financer les déplacements des sélections nationales, une pratique courante en Afrique. Une ligne de dépenses que la FECAFOOT ne prétend pas encore absorber. La frontière reste donc tracée — salaires du côté de la fédération, logistique du côté de l'État — mais elle s'est déplacée, et de façon substantielle, en faveur d'Eto'o. Mouelle Kombi a perdu une main sur le football camerounais. Il lui reste l'autre.

Source: www.camerounweb.com