C'était dans les tuyaux, l'inamovible Cavayé Yéguié Djibril a donc fait son temps. C'est la conclusion à laquelle est finalement parvenu Paul Biya, conseillé par les hommes politiques proches de lui. Paul Biya a été réélu pour un huitième mandat consécutif à la tête du pays en octobre 2025 et une question demeurait au centre de tous les débats : Cavayé Yéguié Djibril, que tout le monde sait souffrant et incapable de mouvements la plupart du temps, sera-t-il encore longtemps à la présidence de l'Assemblée nationale ?
Des rumeurs apparaissaient déjà au lendemain de cette victoire toujours contestée jusqu'à aujourd'hui. Mais malgré les rumeurs, Cavayé Yéguié Djibril a été une nouvelle fois réélu au perchoir le 18 mars 2025 avec plus de 91 % des voix.
Il s'agit là d'une élection qui a montré à tous et à toutes la volonté du chef de l'État de maintenir une certaine stabilité institutionnelle dans un contexte sociopolitique tendu, avec Issa Tchiroma Bakary qui milite toujours pour que le régime du RDPC laisse la place qu'il occupe à Etoudi à Yaoundé dans le palais présidentiel.
La réflexion de Paul Biya sur le remplacement de la troisième personnalité de la République, lorsqu'on a posé la question, semble être dictée par trois facteurs essentiels : l'usure physique et les incidents de campagne pour commencer. Lors du meeting de Maroua en octobre 2025, le discours de Cavayé Yeguié a été interrompu et la parole lui a été retirée en raison de propos jugés incohérents. La maison du RDPC a été mécontente de voir un tel écart de conduite de la part de Yeguié.
Ensuite, l'équilibre géopolitique. Selon une source à la présidence, Paul Biya doit jongler avec une règle non écrite de l'équilibre régional et enfin la pression du renouvellement générationnel.
Ce jour-même, un lanceur d'alerte annonce un séisme à l'Assemblée nationale. Le président de l'institution « remplacé par l'honorable Datouo Théodore », dit-il. La décision a été prise par le Comité central du RDPC, le parti au pouvoir.
Datoua est originaire de Bangou dans la région de l'Ouest. Jusqu'ici, il était vice-président de l'Assemblée nationale. Les indiscrétions indiquent par ailleurs que le président du Sénat, Marcel Niat Njifenji « sera également remplacé par Aboubakary Abdoulaye, le lamido de Rey-Bouba qui est le premier vice-président du Sénat ». Les choses sont en train de bouger du côté de Yaoundé.