Changement à l'Assemblée nationale
L'ère Théodore Datouo s'ouvre avec grand vacarme, le signal d'une République enfin en mouvement où la gestion publique devient plus « sérieuse ». L'Assemblée nationale vient de vivre – il n'y a pas un autre terme plus expressif pour le désigner – un tournant historique. Le président de la République, Paul Biya, approuve l'idée que les rênes de l'institution soient confiées à un autre visage, en remplacement du patriarche Cavayé Yeguié Djibril.
Depuis le palais présidentiel de Yaoundé où cette décision a été prise, on signale que le chef de l'État, patron du parti pour lequel militent Yeguié et son remplaçant, veut enfin imprimer une nouvelle marque à la marche du pays. C'est un message clair : le temps de l'immobilisme institutionnel est révolu.
Ce changement, « très loin d'être un simple jeu de chaises musicales, s'inscrit comme le premier jalon d'une nouvelle rigueur dans la gestion des affaires publiques », nous révèle un responsable du parti qui a été mis dans le secret par Paul Biya et ses plus proches collaborateurs. Cavayé Yeguié Djibril, lui-même, savait depuis un moment maintenant que ses jours étaient comptés à la tête de l'institution, lui qui était la troisième personnalité la plus importante du pays, derrière Marcel Niat Njifenji et Paul Biya.
Pendant des années, la stabilité des institutions a rimé avec une gérontocratie immuable. Yeguié est et restera une figure respectée, mais c'est un secret de polichinelle qu'il n'en pouvait plus. Il voulait se retirer, aller se faire soigner à l'extérieur puisqu'en effet, il était vraiment souffrant, compte tenu de son état physique fragilisé. Mais la bénédiction qui vient souvent d'en haut, depuis le palais de Yaoundé, n'était pas encore tombée.
Il incarnait donc une continuité rassurante pour le régime, mais parfois déconnectée des impératifs d'urgence qu'impose la crise économique et sociale actuelle. En opérant ce remplacement stratégique, l'état-major du RDPC ne se contente pas seulement de rajeunir les cadres ; il insuffle également une culture du résultat au cœur du pouvoir législatif. Un moyen de dire à tout le monde, « fini la comédie et le laisser-aller », maintenant « les bonnes pratiques sont de retour », nous assure le cadre interrogé.
Théodore Datouo n'est pas un nouveau venu. Ancien vice-président de la Chambre des députés, il apporte une certaine expertise en connaissant déjà la maison. Pourquoi parler de « sérieux » ? Parce que le contexte de 2026 l'exige. Avec le report des législatives et les défis budgétaires croissants, le Cameroun ne veut plus de sessions parlementaires paralysées ou des absences prolongées au sommet de l'État.
Selon une autre source présidentielle, en écartant une figure aussi centrale que Cavayé Yeguié au profit d'un homme de terrain comme Datouo, Paul Biya lance un avertissement à l'ensemble de l'appareil gouvernemental : personne n'est indispensable si l'efficacité n'est pas au rendez-vous.
Théodore Datouo, lui, était en joie après sa désignation au palais des congrès de Yaoundé par le Comité central du RDPC comme président. L'Honorable Kamsouloum passe ainsi vice-président. C'est le début d'une nouvelle ère.