TRAHISON POLITIQUE : Nourane Fotsing quitte Cabral Libii pour Datou Theodore

Nourane Fotsing CABRAL LIBII Le parti de Cabral Libii traverse une zone de turbulences

Tue, 17 Mar 2026 Source: www.camerounweb.com

La scène a été remarquable à l’assemblée nationale. La député Nourane Fotsing a abandonné ses collègues du Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (PCRN) lors de la rentrée parlementaire. Son absence a été vraiment significative sur les images ayant largement circulé sur les réseaux sociaux.

Contre toute attente, elle est apparue ce mardi 17 mars 2026, cette fois à proximité Du nouveau président de l’Assemblée nationale l’honorable Datou Theodore lors dela visite d’une délégation étrangère dans les locaux de l’institution. Une proximité presque familière, qui contraste avec son absence remarquée aux côtés de ses camarades politiques.

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Ce nouveau développement, qui intervient à quelques mois des élections législatives et locales, révèle la fracture au sein de cette formation politique. Depuis quelques mois plusieurs cadres du PCRN ont claqué la porte du parti.

Le parti de Cabral Libii traverse une zone de turbulences. Après la déception de la présidentielle d'octobre 2025, plusieurs cadres ont claqué la porte, révélant les fractures internes d'une formation politique en quête de repositionnement.

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Les défections s'accumulent après la défaite de Cabral Libii

La défaite électorale a un goût amer au sein du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN). Depuis l'élection présidentielle d'octobre dernier, où leur leader Cabral Libii a reculé à la troisième place avec seulement 157 568 voix – contre 218 834 en 2018 –, le parti vit une hémorragie de ses cadres.

Les départs se sont multipliés ces dernières semaines. Firmin Fotsing, délégué régional pour l'Ouest, a été le premier à franchir le pas. Il a été suivi par Fayçal Hamadou Demaissala, conseiller proche de Cabral Libii, puis par Modestine Carole Tchatchouang Yonzou et Monfua Dominic, délégué pour le Lebialem.

Ces défections ne sont pas anodines : elles touchent à la fois l'appareil territorial du parti et son cercle rapproché. "Ces départs traduisent un malaise profond, confirme un observateur de la scène politique camerounaise. Après deux échecs consécutifs à la présidentielle, certains militants ne croient plus en la capacité du PCRN à incarner une alternative crédible."

Au-delà de la déception électorale, c'est toute la période précédant le scrutin qui est pointée du doigt. "Le septennat précédent a été particulièrement difficile pour le PCRN et son leader, englués dans d'interminables querelles avec l'un de ses membres fondateurs, Robert Kona", analyse un observateur local.

La lecture des résultats divise au sein du parti. Certains cadres tentent de voir le verre à moitié plein : "Nous avons obtenu nos meilleurs scores dans les milieux urbains – Douala, Yaoundé, Bafoussam –, ce qui montre que nous y conservons une audience", analyse un responsable du PCRN.

Il souligne également que le meilleur score du parti dans la région de l'Extrême-Nord provient précisément du département de Robert Kona, le Mayo-Kani, comme pour relativiser l'impact des querelles internes.

La question qui taraude désormais les militants restants est simple : le PCRN peut-il rebondir ? Le parti mise sur les prochaines élections législatives et municipales pour reconquérir une légitimité sur le terrain. "Nous avons bon espoir de faire élire députés et conseillers municipaux à travers tout le pays", assure-t-on dans l'entourage de Cabral Libii.

Mais cette perspective est assombrie par une autre interrogation : et si le leader lui-même prenait ses distances avec sa propre formation ? Les rumeurs d'une entrée de Cabral Libii dans un gouvernement d'union nationale circulent avec insistance. Une hypothèse qui, si elle se concrétisait, pourrait porter le coup de grâce à un parti déjà fragilisé.

"Il en a le droit, il s'agit bien du gouvernement de son pays, estime Jean-Marie Nouga. Mais le Cabral que je connais ne peut pas entrer dans un gouvernement sans condition." Reste à savoir si cette condition existe... et si le parti survivra aux choix de son fondateur.

Source: www.camerounweb.com