Dans la guerre de succession qui se joue en filigrane derrière chaque remaniement institutionnel au Cameroun, les armes numériques sont désormais dégainées. Alors que le double remplacement de Cavaye Yeguie Djibril et de Marcel Niat Njifenji à la tête des deux chambres du Parlement alimente ce mardi toutes les spéculations sur la recomposition des équilibres au sommet de l'État, le camp de Ferdinand Ngoh Ngoh semble avoir décidé de ne plus attendre dans l'ombre.
Selon des informations recueillies ce jour, le Secrétaire Général de la Présidence de la République, dont le nom revient avec insistance comme potentiel successeur de Paul Biya, bénéficierait désormais d'une présence organisée et quotidienne sur les réseaux sociaux. Une équipe posterait chaque jour du contenu sur un compte TikTok dédié à sa personne. Sur Facebook, un groupe baptisé « Cercle de soutien à Son Excellence Ferdinand Ngoh Ngoh » aurait vu le jour et rassemble déjà des sympathisants.
Des comptes et groupes qui, pour l'instant, n'ont pas été officiellement revendiqués par l'intéressé — mais dont l'existence même constitue un signal fort dans un système politique où rien ne surgit par hasard.
Cette présence digitale naissante intervient à un moment particulièrement chargé en signaux politiques. La journée du 17 mars 2026 a vu deux des postes institutionnels les plus durables du pays — la présidence de l'Assemblée Nationale et celle du Sénat — changer de main simultanément, sur décision du Comité Central du RDPC et, selon plusieurs sources, à l'initiative de Chantal Biya. Des sources proches du sérail affirment que cette recomposition parlementaire s'inscrit précisément dans une stratégie de positionnement pour l'après-Biya, dont Ferdinand Ngoh Ngoh et Franck Hertz seraient les deux bénéficiaires désignés.
Ngoh Ngoh, qui fête par ailleurs ses 65 ans ce 13 mars, cumule deux atouts : bientôt 15 ans à la tête du Secrétariat Général de la Présidence — un record —, et une connaissance encyclopédique des rouages du système qu'il a aidé à faire fonctionner jour après jour depuis 2011.
En l'absence d'un vice-président — poste toujours vacant malgré des réformes constitutionnelles longtemps annoncées —, la succession à la tête du Cameroun n'est régie par aucune feuille de route claire. Ce vide institutionnel transforme chaque nomination, chaque remaniement, chaque présence sur les réseaux sociaux en acte politique. Dans ce contexte, l'apparition d'un « Cercle de soutien » à Ngoh Ngoh sur Facebook n'est pas un fait divers numérique : c'est une déclaration de candidature par procuration.