La 14ème Conférence Ministérielle de l'OMC, qui s'ouvre à Yaoundé le 26 mars 2026, n'est pas seulement un enjeu logistique et diplomatique pour le Cameroun. C'est, selon une révélation exclusive de Jeune Afrique publiée ce 19 mars, un instrument politique intérieur soigneusement calculé par Paul Biya : accueillir 4 000 délégués de 160 pays, faire défiler des ministres du Commerce du monde entier sur le sol camerounais, c'est envoyer un signal fort au plan international — le Cameroun est stable, ouvert, et a tourné la page.
Jeune Afrique l'écrit sans détour : « Sous l'impulsion de Paul Biya, dont l'agenda n'a fait l'objet d'aucune annonce, Yaoundé entend utiliser cet événement diplomatique pour tourner la page du scrutin présidentiel d'octobre 2025 et des violences qui avaient éclaté dans la foulée. » La présidentielle du 12 octobre 2025, la contestation de ses résultats par Issa Tchiroma Bakary et d'autres candidats, les arrestations politiques massives et les décès en détention ont terni l'image internationale du régime. Recevoir l'OMC, c'est répondre à cette image par celle d'un pays qui gouverne, qui reçoit et qui s'ouvre au monde.
Dangote, Varin, Wang Wentao : un parterre de puissants pour légitimer Yaoundé
Jeune Afrique révèle la liste des personnalités qui donneront le coup d'envoi de l'événement — et elle est éloquente. Le milliardaire nigérian Aliko Dangote, Philippe Varin, président de la Chambre de Commerce Internationale, et Ngozi Okonjo-Iweala ouvriront le bal. Côté délégations nationales, la Chine sera représentée par son ministre du Commerce Wang Wentao. Et selon Jeune Afrique, la présence de Jamieson Greer, homologue américain de Wang Wentao, « n'a pas encore été confirmée » — une incertitude qui, dans le contexte des tensions sino-américaines sur le commerce mondial, ajoute une dimension géopolitique à la rencontre.
Jeune Afrique note que ce sommet de l'OMC n'est que le premier d'une séquence diplomatique exceptionnelle pour le Cameroun. Il sera suivi, à la mi-avril, de la visite du Pape Léon XIV, qui se rendra successivement à Yaoundé, Bamenda et Douala. Deux événements d'envergure mondiale en l'espace de trois semaines — une accumulation qui ne doit rien au hasard dans la stratégie de communication internationale d'un régime cherchant à redorer son blason après une séquence post-électorale particulièrement difficile.