La recomposition institutionnelle en cours au Cameroun ne serait pas encore terminée. Selon des informations exclusives obtenues de sources au cœur du sérail, la région de l'Extrême-Nord — longtemps considérée comme la « fille aînée du Renouveau National » — serait pressentie pour récupérer la Primature dans la nouvelle configuration des équilibres régionaux au sommet de l'État.
La trajectoire récente de l'Extrême-Nord dans l'architecture du pouvoir camerounais a été marquée par deux coups durs successifs. D'abord, le décès d'Ayang Luc, président du Conseil Économique et Social, qui a privé la région de la quatrième position dans l'ordre protocolaire national. Ensuite, le départ contraint de Cavaye Yeguie Djibril de la présidence de l'Assemblée Nationale ce 17 mars 2026 — la troisième position — au profit de Théodore Datouo, originaire de l'Ouest.
En l'espace de quelques mois, l'Extrême-Nord a ainsi perdu deux des positions les plus visibles de la hiérarchie institutionnelle. Un recul d'autant plus symboliquement douloureux que cette région a fourni certains de ses enfants les plus fidèles au régime RDPC depuis les origines du Renouveau National.
Dans la logique de l'équilibre régional qui structure depuis toujours la distribution des grandes fonctions au Cameroun, rien ne se perd — ou du moins, rien ne devrait se perdre sans contrepartie. Selon nos sources, la perspective d'un remaniement gouvernemental à venir verrait la région de l'Extrême-Nord obtenir la Primature en compensation des pertes subies à l'Assemblée Nationale et au Conseil Économique et Social. Un rééquilibrage qui s'inscrirait dans la logique des grands arbitrages ethno-régionaux qui accompagnent chaque recomposition institutionnelle majeure sous le régime de Paul Biya.
Le Premier ministre actuel, Joseph Dion Ngute, originaire de la région du Sud-Ouest, serait dans cette perspective concerné par ce mouvement. Aucune confirmation officielle n'a été obtenue à ce stade.
Cette information s'inscrit dans un contexte de recomposition totale du sommet de l'État, directement lié aux manœuvres de positionnement pour la succession de Paul Biya. Alors que le clan Nanga de Chantal Biya vient de marquer des points significatifs avec les désignations de Datouo à l'Assemblée et d'Aboubakary Abdoulaye au Sénat, redonner la Primature à l'Extrême-Nord constituerait un signal fort d'apaisement à une région dont le poids électoral et la fidélité au RDPC restent des atouts que Yaoundé ne peut se permettre de négliger.