Peine de mort par fusillade: Paul Biya interpellé

Ombre Paulbiya Image illustrative

Thu, 19 Mar 2026 Source: www.camerounweb.com

Le verdict est tombé ce mercredi 18 mars 2026 au Tribunal de Grande Instance du Mfoundi. Dagobert Nwafo, reconnu coupable de l'assassinat du petit Mathys Ouandji, cinq ans, tué le 10 mai 2025 à coups de couteau dans le quartier Ngoa-Ekellé à Yaoundé, a été condamné à la peine de mort par fusillade par le collège de juges présidé par Gertrude Ekassi. Il devra également verser 500 millions de francs CFA de dommages et intérêts et 25 millions de francs CFA pour les dépens, à la famille de la victime.

Une sentence qui a soulevé en quelques heures une vague d'émotion et de questions dans l'opinion camerounaise — dont celle, fondamentale, sur les modalités réelles d'une exécution au Cameroun. La réponse juridique est claire : la dernière décision appartient à Paul Biya.

L'article 22 du Code pénal camerounais — loi du 12 juillet 2016 — est sans ambiguïté. Son premier alinéa dispose : « Toute condamnation à mort est soumise au président de la République, en vue de l'exercice de son droit de grâce. » Et le second alinéa ajoute : « Tant qu'il n'a pas été statué par le président de la République sur la grâce du condamné, aucune condamnation à mort ne peut recevoir exécution. »

En d'autres termes, même prononcée par un tribunal, même confirmée en appel, la peine de mort ne peut être appliquée au Cameroun sans la décision expresse du chef de l'État. Paul Biya peut accorder la grâce — commuer la peine en prison à vie —, ou la refuser, ouvrant alors la voie à l'exécution. La décision finale lui appartient seul.

Un jugement non définitif : la voie de l'appel reste ouverte

Mais avant même que le dossier n'atterrisse sur le bureau du Président, une étape cruciale s'interpose. Le jugement rendu ce 18 mars n'est pas encore définitif. Dagobert Nwafo dispose du droit de faire appel dans les délais légaux, conformément au principe du double degré de juridiction inscrit dans le droit camerounais. La Cour d'Appel devra alors réexaminer les éléments du dossier — y compris les arguments que sa défense a avancés lors du procès sur les zones d'ombre de l'affaire et l'existence d'un certain « Messina » jamais entendu à la barre.

Les faits, rappelés par le tribunal, constituent l'un des épisodes les plus sombres de la chronique judiciaire camerounaise de 2025. Le 10 mai 2025, à la suite d'un différend avec le père de l'enfant, Dagobert Nwafo a porté plusieurs coups de poignard au petit Mathys, cinq ans, lui ôtant la vie. Le ministère public avait requis la peine de mort dès la première audience, le 11 décembre 2025. Ce 18 mars, les juges ont suivi le réquisitoire du parquet dans son intégralité.

Pour la famille de Mathys Ouandji, ce verdict marque une étape. Pour Dagobert Nwafo, il marque le début d'un compte à rebours dont le terme — la vie ou la mort — sera, en dernier ressort, fixé à Etoudi.

Source: www.camerounweb.com