Paul Biya est-il le commanditaire de l'assassinat crapuleux de Martinez Zogo?
« J'ai l'honneur de vous répercuter les Très Hautes Instructions du Chef de l'Etat vous prescrivant, en ce qui vous concerne, de veiller à ce que le Tribunal Militaire vide sa saisine au fond, sans aucune mise en liberté provisoire et dans le strict respect des règles de la procédure ». C’est le contenu du message adressé par le ministre secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh au ministre d'Etat, Ministre de de la Justice, Garde des Sceaux, Laurent Esso dans le cadre de l’affaire « Martinez Zogo », du nom du journaliste d’investigation lâchement assassiné.
Le procès relatif à l'assassinat crapuleux du journaliste Martinez Zogo n'en finit plus de faire parler des principaux accusés, Léopold Maxime Eko Eko et Jean-Pierre Amougou Belinga. Alors que les débats au fond suivent leur cours devant le Tribunal Militaire de Yaoundé, ces principaux accusés, qui ne loupent pourtant aucune occasion de clamer -à grand renfort de tapage médiatique- tant leur foi entière en la Justice camerounaise que leur innocence quant aux faits qui leur sont reprochés, sont étonnamment les mêmes qui sollicitent une mise en liberté provisoire contre toutes dispositions légales. Et ce 19 mars 2026 encore, comme chaque fois que leur demande de liberté provisoire passe en jugement, des sources d'information bien imprégnées de l'affaire renseignent que de folles sommes d'argent arrosent les couloirs sombres et tortueux de la justice camerounaise.
À l'effet de tordre le cou au Droit dans cette affaire d'assassinat crapuleux. Un argent qui est ventilé avec autant de facilité qu'il est aisé de comprendre pourquoi aucune enquête judiciaire n'a jamais été ouverte sur le pillage des lignes 94, 65 et 57 du budget de la République, (pillage) que dénonçait vertement Martinez Zogo au prix de sa vie. À la manœuvre, pas moins que des ministres de la République dont de proches collaborateurs de Paul Biya, président de la République, chef de l'État et président du Conseil Supérieur de la Magistrature. Toutes choses qui ne vont pas sans soulever des questions rhétoriques pour Paul Biya et ses partisans :
Qui sont ces "innocents", comme ils aiment à se présenter, qui débourseraient volontiers de folles sommes d'argent pour obtenir une mise en liberté provisoire contre toutes dispositions légales ?
Quel intérêt auraient de proches collaborateurs de Paul Biya et autres ministres de la République à œuvrer obstinément pour la mise en liberté, contre toutes dispositions légales, des principaux accusés dans cette affaire d'assassinat crapuleux qui ressemble de plus en plus à un crime d'État ?
Quelles sont les raisons pour lesquelles les proches collaborateurs de Paul Biya et autres ministres de la République mis en cause dans cette scabreuse affaire ne sont aucunement sanctionnés ou même seulement rappelés à l'ordre par Paul Biya ?
Comment comprendre qu'aucune enquête judiciaire n'ait jamais été ouverte sur le pillage des lignes 94, 65 et 57 du budget de la République, (pillage) que dénonçait vertement Martinez Zogo au prix de sa vie ?
Une mise en liberté de Léopold Maxime Eko Eko et Jean-Pierre Amougou Belinga, contre toutes dispositions légales, ne désignerait-elle pas ipso facto Paul Biya, président de la République, chef de l'État et président du Conseil Supérieur de la Magistrature, comme étant le commanditaire de l'assassinat crapuleux de Martinez Zogo
Yves Romuald Foungtcho