L’affaire a désormais été renvoyée devant la Cour d’appel pour un nouveau jugement
La Cour suprême du Cameroun a annulé les condamnations à la prison à vie prononcées contre Sisiku Ayuk Tabe Julius et dix autres leaders anglophones, communément appelés les « NERA 10 », dans une décision judiciaire majeure rendue le jeudi 19 mars.
En effet, cette décision annule le jugement de 2020 de la Cour d’appel de la région du Centre, qui avait confirmé les condamnations initiales prononcées par le Tribunal militaire de Yaoundé pour des chefs d’accusation tels que sécession, terrorisme et hostilité envers l’État.
Les accusés, qui avaient été enlevés à l’hôtel Nera à Abuja, au Nigeria, avaient été initialement condamnés par le Tribunal militaire de Yaoundé le 20 août 2019. Ils avaient écopé de peines de prison à vie assorties de lourdes sanctions financières s’élevant à 262 milliards de FCFA. La Cour d’appel avait confirmé ces peines en septembre 2020.
Dans sa décision rendue aujourd’hui, la Cour suprême, dirigée par la juge Marie Louise Abomo, a annulé le jugement d’appel de sa propre initiative, sans examiner les arguments présentés par les avocats des appelants.
L’affaire a désormais été renvoyée devant la Cour d’appel pour un nouveau jugement par une formation autrement composée, ce qui rouvre effectivement la procédure dans l’un des dossiers les plus médiatisés du Cameroun.
Cette décision est largement perçue comme un signe que de graves irrégularités auraient entaché les procédures précédentes, suscitant l’espoir d’un examen judiciaire plus équilibré. Elle met également en lumière le plaidoyer constant d’Akere Muna, qui s’est montré très engagé pour dénoncer ce qu’il considère comme des injustices dans cette affaire.
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