Depuis son éviction de la présidence de l'Assemblée Nationale, Cavaye Yeguie Djibril reçoit de nombreux visiteurs à sa résidence. Il ne comprend toujours pas pourquoi on l'a chassé. C'est dans ce contexte que la vérité lui est parvenue — par une voie inattendue, et dans une scène qui aurait pu sortir d'un roman.
Selon nos informations exclusives, le député Nkodo Dang s'est rendu hier soir à la résidence de l'ancien président de l'Assemblée Nationale. Il lui apportait un message de première main : il venait de rencontrer le Secrétaire Général de la Présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, et avait profité de l'occasion pour lui demander les raisons réelles du départ de Cavaye.
La réponse de Ngoh Ngoh, rapportée par Nkodo Dang à Cavaye, est sans détour : Cavaye avait été chassé parce qu'il avait refusé, pendant des mois, de limoger son directeur de cabinet, le tout-puissant Boukar Abdourahim, malgré les demandes répétées de la Présidence en ce sens.
Cavaye écoute, tourne la tête à gauche et à droite. La colère monte. Il interpelle alors son garde du corps : « Tu savais ça ? Est-ce que tu étais au courant que Ngoh Ngoh m'avait demandé de chasser Boukar ? »
La réponse du garde du corps est un oui sans ambiguïté.
Cavaye, interloqué : « Et pourquoi tu ne m'as pas dit ? »
Le garde du corps, posément : « Parce que si je te disais, tu allais aller dire à Boukar. Et il allait aussi m'enlever. »
La révélation est cinglante. Boukar Abdourahim, directeur de cabinet de Cavaye Yeguie Djibril, serait donc l'homme dont la présence dans l'entourage de l'ex-président de l'Assemblée aurait irrité Ngoh Ngoh au point de précipiter l'éviction de son patron. Pourquoi Ngoh Ngoh voulait-il la tête de Boukar ? La réponse à cette question n'a pas encore filtré. Mais elle constitue désormais le prochain chapitre d'une affaire qui n'a pas fini de livrer ses secrets.
Ce qui est certain, c'est que Cavaye, qui a passé 34 ans au perchoir de l'Assemblée en croyant que sa loyauté envers le régime le protégerait, a finalement été abattu non pas par ses ennemis, mais par la fidélité qu'il portait à un homme de son entourage direct — et par le silence calculé de ceux qui savaient mais préféraient préserver leur place.