CONFIDENTIEL: « Je ne suis pas encore mort » : la scène où Niat Njifenji a interpellé publiquement Aboubakary Abdoulaye

Marcel Niat Njifenji Senat Image illustrative

Thu, 19 Mar 2026 Source: www.camerounweb.com

L'histoire retiendra la cruelle ironie de la formule. En novembre 2025, Marcel Niat Njifenji croise dans les couloirs du Sénat son premier vice-président, le Lamido de Rey-Bouba Aboubakary Abdoulaye. Exaspéré par les rumeurs incessantes selon lesquelles son vice-président lorgnait son fauteuil, le président du Sénat lui lâche publiquement : « Je sais que tu veux ma place. Ne sois pas pressé, je ne suis pas encore mort. »

Quatre mois plus tard, Ferdinand Ngoh Ngoh n'a pas attendu sa mort pour le chasser.

Cette confrontation publique est le point d'orgue d'une guerre de nerfs qui couvait depuis des mois au sein du Sénat. Selon nos informations exclusives, c'est le chef de cabinet de Niat Njifenji, Justin Djomatchoua, qui alimentait systématiquement les soupçons du président contre Aboubakary Abdoulaye — répétant inlassablement dans l'oreille du vieux sénateur que son vice-président manœuvrait pour le remplacer.

Le secrétaire général du Sénat, Ngane Gustave — beau-frère de Niat Njifenji — n'était pas en reste dans cette ambiance délétère. Loin de calmer les tensions, il les attisait. Au point qu'Aboubakary Abdoulaye l'accusera lui-même de lui faire des « misères » dans l'exercice de ses fonctions.

Ce que Niat Njifenji ne savait peut-être pas avec certitude, ou refusait d'admettre, c'est que la promesse faite à Aboubakary Abdoulaye ne venait pas d'un intrigant de couloir. Elle venait d'Etoudi lui-même. Selon nos sources, Ferdinand Ngoh Ngoh avait promis au Lamido de Rey-Bouba la présidence du Sénat depuis plusieurs mois déjà — un engagement facilité par des liens personnels : Ngoh Ngoh aurait été le répétiteur du petit frère d'Aboubakary, Mohamadou Gassimou, actuel directeur de l'Office Céréalier.

Niat Njifenji savait aussi, selon nos sources, que lorsque Aboubakary Abdoulaye venait lui rendre visite sur son lit d'hôpital en Suisse, c'était moins par affection que pour « confirmer de ses propres yeux que son heure était arrivée ». Une lecture des intentions de son vice-président qui, pour douloureuse qu'elle soit, s'est révélée exacte.

Niat Njifenji pensait que tant qu'il vivait, son fauteuil lui était acquis. Il sous-estimait la résolution de Ngoh Ngoh — et la vitesse à laquelle les choses peuvent basculer dans un système politique qui ne prévient pas. Le 17 mars 2026, le Comité Central du RDPC a désigné Aboubakary Abdoulaye sans même attendre que Niat Njifenji rende son dernier souffle.

« Je ne suis pas encore mort » : une phrase prononcée pour tenir à distance un rival. Qui est devenue, avec le recul, le résumé exact de ce qui lui est arrivé — remplacé non pas par la mort, mais par la décision d'un homme plus puissant que lui dans les couloirs qui comptent vraiment.

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