À peine Cavaye Yeguie Djibril écarté de la présidence de l'Assemblée Nationale, des informations exclusives commencent à filtrer sur la gestion des marchés publics sous son règne. Et les chiffres qui émergent ont de quoi faire tourner la tête.
570 millions FCFA pour rénover la résidence du directeur de l'Hôtel des Députés
Selon nos informations, la société appartenant à Mohamadou Atikou Kalda — présenté comme l'homme de main de l'ancien Directeur de Cabinet du Président de l'Assemblée Nationale, Boukar Abdourahim — aurait décroché en moins d'un an deux marchés successifs pour la rénovation de la résidence du directeur de l'Hôtel des Députés :
Un premier marché d'un montant de 450 millions FCFA, suivi d'un second marché de 120 millions FCFA — soit un total de 570 millions FCFA pour rénover la résidence d'un directeur d'hôtel. Un montant qui interpelle, d'autant plus que, selon la même source, la résidence de Cavaye Yeguie Djibril lui-même n'aurait « pas bénéficié de cette générosité ».
12 millions FCFA par mois pour la jardinerie et le lavage de l'hémicycle
Les révélations ne s'arrêtent pas là. C'est toujours la même société de Mohamadou Atikou Kalda, sur instruction de Boukar Abdourahim, qui aurait obtenu le marché mensuel de jardinerie et de nettoyage des sols et murs de l'hémicycle — pour un montant de 12 millions FCFA par mois, soit 144 millions FCFA par an pour ce seul contrat d'entretien.
Un même prestataire, deux types de marchés, des montants considérables — et toujours le même intermédiaire : le Directeur de Cabinet dont Ngoh Ngoh exigeait le départ depuis des mois, et que Cavaye refusait de limoger. Ce que ces chiffres suggèrent, c'est que Boukar Abdourahim était peut-être bien plus qu'un simple chef de cabinet : il était le pivot d'un système de passation de marchés dont la société de son homme de confiance était la principale bénéficiaire.
Ces révélations éclairent d'un jour nouveau les circonstances de l'éviction de Cavaye. On sait désormais, grâce à des informations rapportées ces derniers jours, que c'est précisément le refus de Cavaye de limoger Boukar Abdourahim qui aurait déclenché sa mise à l'écart sur instruction de Ferdinand Ngoh Ngoh. La question que posent ces marchés est simple : Ngoh Ngoh voulait-il la tête de Boukar pour des raisons politiques — ou parce que quelqu'un au palais avait eu vent de ce qui se passait à l'Assemblée ?