L'Organisation du Mouvement Patriotique (OMP), sous la plume de Léon Theiler Onana, ne mâche pas ses mots. Dans une déclaration publiée ce jour, le mouvement prend acte « avec une profonde indignation » du dépôt, le 19 mars 2026 lors de la conférence des présidents à l'Assemblée Nationale, du projet de loi visant à proroger le mandat des députés jusqu'au 20 décembre 2026 — et qualifie cette initiative de « parjure présidentiel », rappelant que Paul Biya avait prêté serment le 6 novembre 2025 de protéger la Constitution. L'OMP argue que l'article 15 alinéa 4 de la Constitution ne saurait légitimer des prorogations en cascade, et que les élections législatives auraient dû être tenues au plus tard dans le délai constitutionnel de 120 jours après l'expiration du mandat — imposant ainsi des législatives avant juin 2026 au plus tard. Toute extension jusqu'en décembre 2026, affirme le mouvement, constitue une « usurpation de la souveraineté du peuple camerounais » orchestrée par « le pouvoir exécutif et ses complices parlementaires » à des fins de conservation du pouvoir — et une « dérive institutionnelle sans précédent » que l'OMP enjoint au chef de l'État de corriger en respectant son serment.
DÉCLARATION DE L'ORGANISATION DU MOUVEMENT ENTAOTIONE
A L'OCCASION DE LA PROROGATION UNE NOUVELLE FOIS DU MANDAT DES DEPUTES A L'ASSEMBLEE NATIONALE… Par Léon THEILER ONANA
« L'Organisation du Mouvement Patriotique (OMP) a pris acte, avec une profonde indignation, du dépôt effectif ce jeudi 19 mars 2026 lors d'une conférence des présidents à l'Assemblée Nationale, d'un projet de loi portant prorogation du mandat des députés jusqu'au 20 décembre 2026. Cette initiative, qui s'apprête à être validée en séance plénière sous la direction du nouveau chef de Chambre, Théodore Datouo, constitue la matérialisation flagrante d'un parjure présidentiel.
Le 6 novembre 2025, Monsieur Paul Biya, Président de la République du Cameroun, jurait la main sur la Constitution de protéger cette norme suprême.
Aujourd'hui fort malheureusement, il abuse des dispositions de l'article 15(4) (nouveau) pour maintenir en fonction des députés dénués de légitimité populaire, engageant ainsi la nation dans une dérive institutionnelle sans précédent.
L'OMP rappelle aux acteurs de cette manœuvre que l'article 15(4) de la Constitution définit un cadre rigide qui ne saurait être interprété comme une source de prorogations illimitées. La règle est claire : l'élection d'une nouvelle Assemblée doit se tenir quarante jours au moins ou cent vingt jours au plus après l'expiration du mandat.
Le processus entamé en juillet 2025 impose constitutionnellement la convocation du corps électoral pour un renouvellement de la Chambre avant toute autre considération. En faisant le choix d'imposer une double prorogation au mépris de la loi fondamentale, le pouvoir exécutif et ses complices parlementaires violent l'esprit et la lettre de la Constitution. L'article 15(4) ne peut être activé qu'avec une Assemblée légitimé par le suffrage universel, et non pour maintenir artificiellement le sursis d'élus dont le mandat est depuis longtemps expiré.
Face à ce coup de force, l'OMP rappelle au Président de la République son serment de garant de la Constitution et l'enjoint de s'y tenir. La légalité républicaine exige que le calendrier électoral soit strictement respecté, avec la tenue impérative des législatives au plus tard en juin 2026. Toute extension jusqu'au 20 décembre 2026 est une usurpation de la souveraineté du peuple camerounais. L'OMP souligne que la stabilité de nos institutions repose sur le respect des règles établies et non sur des arrangements de circonstance au péril de la démocratie à des fins évidentes de conservation du pouvoir. Le peuple camerounais, seul détenteur du pouvoir souverain, doit être consulté au moyen d'un nouveau scrutin.
Fait à Yaoundé, le 19 Mars 2026»