Bagarre: guerre ouverte entre la ministre Ketcha Courtes et le maire de Yaoundé sur le chantier de la route Madagascar-Cité Verte — des ouvriers placés en garde à vue

Affrontements Entre Policiers Et Civils Image illustrative

Sat, 21 Mar 2026 Source: www.camerounweb.com

À trois semaines de l'arrivée du Pape Léon XIV à Yaoundé — prévue du 15 au 18 avril 2026 —, un conflit institutionnel explosif menace de compromettre la préparation du tronçon que le Saint-Père est censé emprunter. La tension est montée à son paroxysme entre Célestine Ketcha Courtes, ministre de l'Habitat et du Développement Urbain, et Luc Messi Atangana, maire de Yaoundé, autour du chantier de réhabilitation de l'axe Marché Madagascar – Entrée Cité Verte (Rue 2.716) à Yaoundé II.

Un délai prorogé de deux mois : la route ne sera pas prête avant mai

Tout commence par un document officiel. Par l'Ordre de Service N°031 signé le 17 mars 2026, la Mairie de Yaoundé a accordé à l'entreprise CENEG-CAM SARL une prolongation de deux mois pour l'exécution des travaux de réhabilitation de l'axe concerné. La décision s'appuie sur deux motifs : le non-paiement des décomptes à l'entreprise et la forte présence des réseaux des concessionnaires sur l'emprise des travaux, deux obstacles ayant retardé l'avancement du chantier.

Conséquence directe : la livraison de ce tronçon est repoussée au 17 mai 2026 — soit un mois après la visite papale. Or, selon nos informations, ce tronçon figure sur le parcours prévu pour le convoi du Pape.

La ministre intervient avec une autre entreprise — la Mairie arrête les ouvriers

Face à l'urgence, Célestine Ketcha Courtes décide de prendre les choses en main. Elle mandate une autre entreprise de travaux publics pour reprendre le chantier et le livrer dans les délais imposés par la visite pontificale. Une solution de substitution présentée comme d'urgence.

Mais la Mairie de Yaoundé s'y oppose. Ses agents interviennent sur le chantier, stoppent les travaux et interpellent les ouvriers de la nouvelle entreprise, qui sont conduits et placés en garde à vue à la Communauté Urbaine de Yaoundé.

L'intervention musclée de la ministre ne se fait pas attendre. Ketcha Courtes monte personnellement au créneau — et va plus loin dans sa lecture des faits : elle évoque publiquement ses soupçons de sabotage délibéré du chantier, dans un contexte où la pression pour la réussite du sommet de l'OMC (26-29 mars) et de la visite papale (mi-avril) est maximale.

Ce bras de fer entre deux autorités camerounaises pose une question institutionnelle claire : qui a la tutelle sur un chantier de voirie urbaine co-financé par l'État et impliquant une route d'intérêt protocolaire international ? La Mairie, qui gère les marchés de voirie communale, ou le ministère de l'Habitat, qui supervise le développement urbain national ?

Dans l'immédiat, avec le Pape attendu dans moins de quatre semaines, la querelle de compétences a un coût politique et diplomatique que ni la Mairie ni le ministère ne peuvent se permettre d'assumer seuls.

Source: www.camerounweb.com