Visite du Pape au Cameroun : Jeune Afrique révèle pourquoi Bamenda est l'étape la plus symbolique et la plus dangereuse

Pape Biya Image illustrative

Sun, 22 Mar 2026 Source: www.camerounweb.com

Dans l'itinéraire camerounais du Pape Léon XIV — Yaoundé le 15 avril, Bamenda le 16, Douala le 17 —, une étape concentre toutes les inquiétudes et toutes les attentes : Bamenda. Dans une enquête exclusive publiée ce 22 mars 2026, Jeune Afrique révèle les dessous d'un choix que le Vatican a assumé en pleine connaissance du risque sécuritaire — et qui, précisément pour cette raison, dit quelque chose d'essentiel sur les intentions réelles de ce voyage pastoral.

Jeune Afrique rappelle le contexte sans l'édulcorer : « Depuis 2016, le Nord-Ouest reste l'un des principaux foyers de la crise anglophone. Malgré l'affaiblissement relatif de certains groupes séparatistes, les violences armées, enlèvements et attaques ciblées continuent d'y entretenir un climat de forte instabilité. » C'est dans ce contexte que le Pape se rendra à la cathédrale Saint-Joseph de Bamenda pour une rencontre pour la paix, avant une messe à l'aéroport local.

Ce choix n'a pas été fait par inadvertance. Selon Jeune Afrique, le Vatican a choisi Bamenda dans une optique délibérée de réconciliation — et le cardinal Peter Turkson, chancelier des académies pontificales, a expressément appelé les Camerounais à offrir au pape « un véritable programme de réconciliation ». Le message est clair : Léon XIV ne vient pas à Bamenda malgré la crise. Il vient à cause d'elle.

Jeune Afrique révèle l'ampleur des mesures prises par Yaoundé pour éviter tout incident : sécurisation des axes routiers, déploiement accru des forces spéciales, contrôle renforcé des points d'entrée et « quadrillage des zones sensibles ». Un dispositif militaire massif pour accueillir un message de paix — une contradiction dans les termes que les critiques de la visite n'ont pas manqué de relever.

Jeune Afrique lève le voile sur une réalité peu connue : avant d'être élu souverain pontife, Léon XIV avait « séjourné à plusieurs reprises en Afrique dans le cadre de ses responsabilités au sein de l'ordre de Saint-Augustin ». Le Cameroun figure parmi les pays « où il entretient des liens anciens avec certains milieux ecclésiastiques, notamment dans les réseaux de formation religieuse ». Cette familiarité expliquerait en partie le soin avec lequel son itinéraire camerounais a été construit — et la décision d'inclure Bamenda malgré les risques. Pour Léon XIV, ce n'est pas une visite de découverte. C'est un retour.

Source: www.camerounweb.com