Jean Baptiste Ketchateng affirme que le parti serait désormais sous l’influence du RDPC
C’est un véritable séisme politique qui se produit actuellement au Cameroun. Jean Baptiste Ketchateng, ancien bras droit d’Anicet Ekane, annonce sa démission du MANIDEM, affirmant que le parti serait désormais sous l’influence du RDPC. Fort de son expérience au sein du mouvement, il dénonce une dérive politique qu’il considère comme contraire aux idéaux panafricanistes et à la lutte contre le néocolonialisme.
Selon Jean Baptiste Ketchateng, cette situation résulte de tentatives d’instrumentalisation du parti après son rôle dans la dynamique politique de 2025. Il évoque également une gestion confuse récente, illustrée notamment par l’organisation des obsèques d’Anicet Ekane.
Après avoir tenté sans succès d’alerter et de redresser la situation, il choisit de quitter le parti, tout en appelant à une mobilisation pour préserver le MANIDEM, qu’il considère comme un outil essentiel pour l’avenir politique du Cameroun.
LISONS
PARCE QUE LE MANIDEM EST UN BIEN PUBLIC VITAL
Etudiant panafricaniste, il y a une trentaine d'années, j'ai choisi le MANIDEM plutôt que l'UPC dite des fidèles au début de la décennie 2000 après avoir évalué ces deux groupes upécistes. En 2018, mon parti m'a chargé de responsabilités à sa direction. C'est donc fort d'une certaine expérience que je prends la parole aujourd'hui pour dire que le RDPC a quasiment pris le contrôle du MANIDEM.
Cela m'oblige à quitter mon parti et à le dire publiquement. Procéder autrement serait manqué à mon devoir de témoin d'une entreprise de destruction d'un bien public fondamental pour l'avenir du Kamerun. Jusqu'à preuve du contraire en effet, la dérive actuelle du MANIDEM sert le système néocolonial que nous avons juré de combattre jusqu'à sa mort. Cette perversion politique est le fait de certaines personnes y compris dans les « rangs » du parti. Elle tire sa source de la volonté d'instrumentaliser un appareil à la cote améliorée, en raison de l'épopée récente de la présidentielle d'octobre 2025 qui a vu battre le RDPC et ses complices, grâce à la stratégie upéciste de l'Union pour le changement, remise en selle par l'initiative du MANIDEM.
Comme maintes victoires, même non achevées, ce succès a provoqué des réactions politiques malheureusement contraires aux intérêts populaires. Chacun a pu voir ce 20 mars que le lancement officiel des obsèques de notre camarade Anicet Ekane n'a pas pu se faire. Aucune communication du parti ne peut dire clairement quel est le calendrier des obsèques et surtout le lieu d'inhumation du défunt, signe politique capital. Ceci n'est qu'un exemple parmi tant d'autres de la confusion organisée depuis six mois pour dévoyer le MANIDEM, outil au service des peuples en lutte contre l'injustice, particulièrement au Kamerun.
Voilà pourquoi, après avoir alerté l'opinion le 2 mars dernier et essayé en vain de corriger la trajectoire, je démissionne du MANIDEM en espérant qu'il trouvera les forces en lui-même ou en dehors pour faire échec à la prise de contrôle rdpciste dont il est l'objet en ce moment. Le contraire priverait le peuple kamerunais d'un de ces rares phares pouvant lui montrer à nouveau les voies de sortie de la longue nuit du colonialisme qui tue le pays depuis 142 ans.
Yaoundé, le 23 mars 2026