Vice – Présidence du Cameroun : Vers la libération et la nomination de Sissiku Ayuk Tabe

Sissiku Achat Présidence Ambazonie La libération les leaders du NOSO peut s'inscrire dans un projet de refonte de l'État

Mon, 23 Mar 2026 Source: www.camerounweb.com

La Cour suprême du Cameroun a annulé les condamnations à la prison à vie prononcées contre Sisiku Ayuk Tabe Julius et dix autres leaders anglophones, communément appelés les « NERA 10 », dans une décision judiciaire majeure rendue le jeudi 19 mars. Cette décision intervient dans un contexte de révision de la constitution camerounaise avec la création d’un poste de vice-président qui certainement sera occupé par un anglophone.

LIBÉRATION DE Sissiku AYUK TABE : LE PREMIER ACTE D'UNE REFONTE DE L'ÉTAT AVEC LA VICE-PRÉSIDENCE ?

L’annulation historique de la condamnation à vie des leaders du « Nera 10 » par la Cour Suprême en mars 2026 n'est pas qu'un simple réajustement judiciaire. En coulisses, ce geste semble préparer le terrain à une mutation institutionnelle sans précédent : l'avènement d'une Vice-Présidence, ultime remède aux frustrations identitaires du NOSO.

Le dossier des « Nera 10 » est, depuis 2018, le symbole des rendez-vous manqués entre la justice et la paix.

Arrêtés au Nigeria dans des conditions dénoncées par la justice Nigeriane et l'ONU comme un « enlèvement illégal », Sisiku Ayuk Tabe et ses co-accusés ont été condamnés en 2019 au terme d'un procès marathon de 15 heures, achevé à l'aube devant un tribunal militaire.

LES VICES DE FORME AU SCANNER

Juridiction : Des civils jugés par des militaires, au mépris des conventions internationales.

Droit à la défense : Une sentence prononcée sans avocats, ces derniers ayant boycotté une procédure jugée « inique ».

Sanction financière : Une amende de 250 milliards de FCFA, dénuée de tout réalisme économique.

LE SÉISME DE LA COUR SUPRÊME : UNE PORTE DE SORTIE ÉLÉGANTE

En cassant cet arrêt en mars 2026 pour « irrégularités majeures », la Cour Suprême a offert au pouvoir exécutif le levier juridique nécessaire pour une désescalade.

Ce renvoi devant une cour d'appel civile permet désormais de requalifier les faits de « terrorisme » en simples délits d'« insurrection », dont la peine serait déjà couverte par les huit années de détention préventive.

ANALYSE : LA VICE-PRÉSIDENCE, LE NOUVEAU CONTRAT SOCIAL

L'avènement annoncé d'une Vice-Présidence au Cameroun apparaît comme la réponse structurelle aux griefs de marginalisation portés par les populations anglophones.

Taire les frustrations : Dans cette logique de partage du pouvoir, la Vice-Présidence, si elle est confiée à une personnalité issue des régions du Nord-Ouest ou du Sud-Ouest, offrirait une garantie de représentativité au plus haut sommet de l'État. C'est le « pacte de confiance » qui manquait depuis 1972.

Le rôle d'Ayuk Tabe : Sa libération peut être perçue comme le « premier pas » indispensable. Pour que la création d'un poste de Vice-Président soit acceptée comme une solution crédible par les bases séparatistes, il faut d'abord vider les prisons et réintégrer les leaders d'opinion dans le jeu politique légal.

LA MÉDIATION PAPALE : L'ARRIVÉE DU PAPE LÉON XLV EN AVRIL 2026 SERT DE CATALYSEUR

Le Vatican, partisan au Cameroun d'un État décentralisé et inclusif, peut voir dans cette réforme constitutionnelle (libération + Vice-Présidence) le chemin vers une paix durable.

Les scénarios de sortie : Entre Droit et Diplomatie

La nouvelle procédure devant la Cour d'Appel devrait privilégier trois issues :

La requalification libératrice : La Cour pourrait abandonner les charges de "terrorisme" (difficiles à prouver pour des leaders politiques basés à l'étranger au moment des faits) pour ne retenir que l'insurrection ou la sécession. Avec une peine revue à la baisse, les 8 ans déjà passés en prison couvriraient la sentence, entraînant une libération immédiate.

Le "Nolle Prosequi" : L'arrêt pur et simple des poursuites pour « motif d'intérêt national », accélérant la transition vers le nouveau cadre institutionnel.

L'Amnistie Générale : Le cadre idéal pour effacer le passif judiciaire et permettre aux ex-détenus de participer au débat sur la mise en place de cette nouvelle Vice-Présidence.

CONCLUSION : UNE BOUFFÉE D'OXYGÈNE POUR LA NATION

La libération les leaders du NOSO peut s'inscrire dans un projet de refonte de l'État, Yaoundé fait d'une pierre deux coups. Elle désarme la rébellion armée sur le terrain de toutes revendications politiques et relance l'économie des régions anglophones.

Ces 400 milliards de FCFA de pertes annuelles dues au conflit pourraient enfin être réorientés vers la croissance.

Le Cameroun semble avoir compris que pour préserver l'unité, il faut désormais savoir partager le sommet.

Sob Amyn Fouejeu

Source: www.camerounweb.com