Incident diplomatique : coup dure pour Paul Biya après la gaffe d'un de ses puissants ministres

Biya Message Nation Image illustrative

Wed, 25 Mar 2026 Source: www.camerounweb.com

Incident diplomatique : Taïwan boycotte le sommet de l'OMC à Yaoundé après avoir été désigné « province de Chine » dans les documents de visa

À deux jours de l'ouverture de la 14ème Conférence Ministérielle de l'OMC à Yaoundé (26-29 mars), un incident diplomatique majeur vient de surgir. Taïwan a annoncé ce mardi son retrait de la conférence — une première dans son histoire à l'OMC — après avoir reçu du Cameroun des documents de visa sur lesquels l'île était qualifiée de « Taïwan, province de Chine », selon Jeune Afrique qui révèle l'affaire en exclusivité.

Le ministère taïwanais des Affaires étrangères indique avoir adressé une « vive protestation » aux autorités camerounaises dès la réception de ces documents. La formulation « province de Chine » — reprise de la terminologie officielle de Pékin — est inacceptable pour Taipei, qui adhère à l'OMC depuis 2002 en tant que « territoire douanier distinct de Taïwan, Penghu, Kinmen, Matsu », et non comme une subdivision de la Chine.

Face à la protestation taïwanaise, le Cameroun a accordé une « exemption de visa » à la délégation. Mais cette tentative de rattrapage s'est elle-même révélée désastreuse : selon Jeune Afrique, le nouveau document « ne mentionnait pas la nationalité des délégués, comportait des fautes d'orthographe dans plusieurs noms anglais, et identifiait la quasi-totalité des membres de la délégation comme étant des femmes ». Pour Taipei, la conclusion est sans appel : Yaoundé « n'avait aucune intention sincère de résoudre le problème ».

L'incident place le Cameroun dans une position délicate. Membre de l'OMC au même titre que ses 159 autres membres, Taïwan bénéficie du droit à une participation égale. Mais le Cameroun, qui entretient des relations diplomatiques avec la République Populaire de Chine — et non avec Taïwan —, s'est retrouvé pris en étau entre la pression de Pékin, qui exige que Taipei ne soit jamais désignée comme un État, et les obligations protocolaires que lui impose son rôle de pays hôte d'une réunion multilatérale.

En nommant Taïwan « province de Chine » dans ses propres documents de visa, Yaoundé a manifestement fait le choix de satisfaire Pékin — dont la délégation est l'une des plus importantes de la conférence, conduite par le ministre du Commerce Wang Wentao. Un choix qui lui coûte la présence de Taïwan et qui jette une ombre sur l'organisation d'un sommet dont les préparatifs avaient déjà été semés d'embûches.

La Chine, elle, a réagi par la voix de son porte-parole Lin Jian, qualifiant les démarches de Taipei de « manœuvres provocatrices » vouées à l'échec. L'OMC a refusé de commenter.

Source: www.camerounweb.com