Un détail que personne ne connaissait — et que Jeune Afrique révèle ce 25 mars dans un portrait exclusif de Théodore Datouo. Nous sommes le 5 novembre 2025, vingt-quatre heures avant la prestation de serment de Paul Biya pour son nouveau mandat. Le journaliste de Jeune Afrique, convié à un briefing dans les locaux de l'Assemblée Nationale, est reçu au dixième étage par celui qui n'était encore que le 2ème vice-président de l'institution. L'entretien est convivial. Datouo parle d'une « rencontre républicaine » et d'un « événement historique ». Et puis la révélation tombe : c'est lui la cheville ouvrière de toute la cérémonie du lendemain.
« Il a participé à toutes les réunions préparatoires »
Jeune Afrique décrit la scène avec une précision qui dit tout sur la montée en puissance de Datouo en coulisses : bien qu'il assure recevoir le journaliste « sur ordre de Cavaye Yeguie Djibril », alors président de l'Assemblée, c'est bien lui qui « a participé à toutes les réunions préparatoires, en liaison avec le cabinet civil de la présidence que dirige Samuel Mvondo Ayolo et avec le secrétariat général de la présidence de Ferdinand Ngoh Ngoh ». Autrement dit : à la veille de l'événement le plus symbolique du mandat de Paul Biya, le vrai organisateur n'était pas le président en titre de l'Assemblée. C'était son vice.
Jeune Afrique pose la question : s'agissait-il d'un « ultime test d'Etoudi qui envisageait déjà de le mettre en orbite » ? Cinq mois plus tard, Datouo est nommé président de l'Assemblée Nationale. La réponse semble évidente.
L'outsider que personne n'attendait — et que tout le monde aurait dû surveiller
La révélation de Jeune Afrique donne du relief à ce que beaucoup avaient perçu comme une surprise. Trois noms de l'Extrême-Nord circulaient comme favoris — Zondol Hersesse, Kamssouloum Abba Kabir, Théophile Baoro — tous plus visibles que Datouo dans les couloirs du Parlement. « Paul Biya n'est plus efficace que d'avancer masqué et de frapper là où on ne l'attend pas », rappelle une source citée par Jeune Afrique.
Datouo, lui, avait appliqué la même philosophie pendant des années : « éviter les intrigues et autres coups bas qui occupent depuis longtemps l'agenda des acteurs politiques de la capitale ». Pendant que ses collègues se battaient pour la visibilité, il organisait la prestation de serment du président. Et c'est précisément pour cela qu'il a décroché le perchoir.