15 tonnes d’or camerounais auraient disparu des statistiques officielles, selon plusieurs sources crédibles. Comment l’ont-elles été et que faut-il faire ? Le lanceur d’alerte N’zui Manto partage une intervention.
C’est l’une des révélations qui secouent le secteur minier depuis fin 2025 : un écart massif entre l’or officiellement déclaré par le Cameroun et celui enregistré à l’exportation par ses partenaires commerciaux.
Plus inquiétant encore, certaines estimations évoquent près de 300 000 kg d’or sortis du pays par des circuits opaques entre 2010 et 2025. Autrement dit, l’or camerounais circule, mais pas toujours dans les circuits officiels et ce n’est qu’une partie du problème.
Le Cameroun possède pourtant un sous-sol immense : or, cobalt, bauxite, fer, nickel, diamants. Des ressources stratégiques pour l’industrie mondiale. Autour de ces richesses gravitent de grandes entreprises étrangères : Rio Tinto, groupe minier anglo-australien ; Gansu Corporation, groupe chinois intéressé par la bauxite ; Geovic Mining, société américaine liée au cobalt de Lomié.
Le problème n’est pas que des investisseurs étrangers soient présents. Le vrai problème est ailleurs. Les s minerais sont extraits au Cameroun, puis exportés bruts et valorisés ailleurs. Pendant ce temps, les régions minières restent parmi les plus pauvres du pays, et les conflits autour des sites miniers exploités par des entreprises étrangères (chinoises notamment) ont causé plus de 220 morts entre 2015 et 2025.
Alors la question devient de plus en plus difficile à éviter : comment un pays aussi riche en ressources peut-il en tirer si peu de bénéfices ? Qui contrôle réellement l’exploitation de ces richesses ? Car tant que la gouvernance du secteur minier ne changera pas profondément, les ressources du Cameroun continueront de profiter davantage au monde qu’aux Camerounais.