Dans les couloirs des grandes sociétés d'État camerounaises — SRC, Camtel, Camwater, SCDP, Sodecoton, Sonatrel, CNPS —, une anomalie administrative silencieuse s'est installée dans la durée : sur dix postes de direction, jusqu'à sept sont occupés par des intérimaires, parfois depuis plusieurs années. Un cadre assume pendant six ans les charges d'un directeur — responsabilités pleines, salaire de grade initial. Il part ensuite à la retraite comme s'il n'avait jamais dirigé quoi que ce soit. Cette situation, dénoncée dans une analyse publiée ce jour, cumule plusieurs dysfonctionnements : une injustice silencieuse qui démotive les cadres, une fragilisation de la gouvernance des entreprises publiques, et l'absence ou l'irrégularité des conseils d'administration — pourtant essentiels à la validation des nominations et au bon fonctionnement institutionnel. Résultat : une administration épuisée, prise dans un cycle d'intérim prolongé, d'inaction décisionnelle et de frustrations internes. « Il devient urgent de remettre de l'ordre, de restaurer la rigueur administrative et de redonner sens à la notion de responsabilité publique. »
LA PRECARISATION DES POSTES DE DIRECTION DANS LES SOCIÉTÉS D’ÉTAT: UNE BOMBE À RETARDEMENT ADMINISTRATIVE.
La situation des intérimaires à la tête de plusieurs directions dans les sociétés d’État est aujourd’hui à l’origine de tensions croissantes. Des structures comme la SRC, Camtel, Camwater, la SCDP, la Sodecoton, Sonatrel ou encore la CNPS en sont des illustrations frappantes.
Dans certaines de ces entreprises, sur dix postes de directeur, jusqu’à sept sont occupés par des responsables en intérim — et ce, parfois pendant de longues années. Une anomalie administrative qui soulève de nombreuses interrogations.
Car qui dit intérim dit responsabilité pleine… mais sans les avantages ni la reconnaissance salariale liés à la fonction.
Comment comprendre qu’un cadre puisse assumer pendant six années les charges d’un directeur, pour finalement partir à la retraite avec un traitement correspondant à son grade initial ?
Ce système entretient une forme d’injustice silencieuse, démotive les cadres et fragilise la gouvernance des entreprises publiques.
À cela s’ajoute un autre dysfonctionnement majeur : l’irrégularité, voire l’absence des conseils d’administration, pourtant essentiels à la validation des nominations et à la bonne marche institutionnelle.
À ce rythme, c’est toute l’administration qui s’essouffle, prise dans un cycle d’intérim prolongé, d’inaction décisionnelle et de frustrations internes.
Il devient urgent de remettre de l’ordre, de restaurer la rigueur administrative et de redonner sens à la notion de responsabilité publique.