C'est le séisme politique que personne n'attendait. Quelques mois seulement après sa réélection triomphale à la magistrature suprême, le président camerounais Paul Biya, 92 ans et 44 ans de pouvoir au compteur, aurait décidé de tirer sa révérence. L'information, qui a provoqué une onde de choc dans les milieux politiques de Yaoundé dès les premières heures de ce mercredi matin, est sur toutes les lèvres.
Tout aurait basculé après les départs successifs et fracassants des deux mastodontes des institutions parlementaires camerounaises. La démission du président de l'Assemblée nationale d'une part, et celle du président du Sénat de l'autre, auraient profondément ébranlé Paul Biya, qui voyait en ces deux hommes les piliers indéfectibles de son système. Selon des sources proches de l'Etoudi, le Chef de l'État aurait confié à son cercle le plus intime : « Quand les colonnes s'effondrent, le toit ne peut tenir. »
Loin de partir en catimini, Paul Biya aurait soigneusement orchestré sa sortie. Selon nos informations, il aurait attendu l'adoption définitive de la nouvelle Constitution — celle-là même examinée lors du congrès du 2 au 5 avril — pour annoncer son départ. Un timing calculé : partir sur un acte fondateur, graver son nom dans le marbre constitutionnel avant de rendre le tablier. La création du poste de Vice-Président, introduite dans cette révision, n'aurait donc pas été un hasard. Elle était, selon nos sources, la pièce maîtresse d'un plan de sortie mûrement réfléchi.
Conformément aux nouvelles dispositions constitutionnelles fraîchement adoptées, Paul Biya aurait officiellement transmis le pouvoir au Vice-Président de la République, désormais constitutionnellement habilité à assurer la continuité de l'État. Une cérémonie sobre, presque intime, se serait tenue à huis clos au Palais de l'Unité. Pas de discours tonitruant, pas de parade militaire : juste une passation de pouvoirs entre deux hommes, dans le silence feutré d'un bureau présidentiel chargé d'histoire.
À Yaoundé, la nouvelle a provoqué des scènes de stupéfaction. Dans les quartiers populaires de Mokolo et du Marché Central, des citoyens hébétés se demandaient si leurs yeux et leurs oreilles ne leur jouaient pas des tours. Sur les réseaux sociaux, les réactions se sont multipliées à la vitesse de l'éclair, entre incrédulité, joie et consternation.
La fin d'une ère
44 ans. C'est le règne que Paul Biya laisse derrière lui — le deuxième plus long d'Afrique. Un homme qui aura traversé la Guerre Froide, la démocratisation du continent, les crises sécuritaires du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de l'Extrême-Nord, et qui aura vu défiler des dizaines de chefs d'État sur le continent. Son bilan, contrasté, fera l'objet de débats pendant des décennies.
Le Cameroun entre ce 1er avril dans une ère nouvelle, incertaine, vertigineuse.
Vous avez failli y croire, n'est-ce pas ?
Non, Paul Biya n'a pas démissionné. Non, il n'y a pas eu de passation de pouvoir ce matin au Palais de l'Unité. Et non, les deux présidents des chambres parlementaires ne sont pas partis. Notre rédaction vous souhaite un joyeux 1er avril !
Cela dit, le reste de l'actualité camerounaise, elle, est bien réelle : le Parlement se réunit bel et bien en congrès ce 2 avril pour examiner une révision constitutionnelle, et la question du Vice-Président agite les esprits depuis des années. La frontière entre la fiction et la réalité politique camerounaise est parfois... très mince.