Vice-Présidence : Peter Mafani Mussongue et Dion Ngute dans les petits papiers de Paul Biya

PAUL BIYA SIGNATURE CC Image illustrative

Thu, 2 Apr 2026 Source: www.camerounweb.com

Alors que le Parlement camerounais délibère ce jeudi en congrès sur une révision constitutionnelle dont la création d'un poste de vice-président constitue le point névralgique, le lanceur d'alerte Boris Bertolt vient de lâcher une bombe : deux noms circulent activement sur le bureau de Paul Biya pour occuper ce poste hautement stratégique. Il s'agit de l'ancien Premier ministre Peter Mafani MUSSONGUE et de l'actuel chef du gouvernement Dion NGUTE. Et selon la même source, la nomination pourrait intervenir très rapidement après l'adoption du texte constitutionnel.

Ce qui frappe d'emblée à la lecture de ces révélations, c'est que les deux hommes cités partagent une même origine géographique : la région du Sud-Ouest, l'une des deux régions anglophones du Cameroun, au cœur de la crise sécessionniste qui secoue le pays depuis 2016. Un signal politique fort, si l'information venait à se confirmer.

Nommer un vice-président issu de cette région serait un geste symbolique et politique de première magnitude — une main tendue vers les populations anglophones, une réponse institutionnelle à une crise que dix ans de conflit armé n'ont pas réussi à éteindre.

Peter Mafani Mussongue : le poids de l'expérience

Ancien Premier ministre, Peter Mafani Mussongue est une figure qui a traversé les grandes heures du régime Biya avec constance et loyauté. Homme de réseau, discret, respecté dans les cercles du pouvoir comme dans la société civile anglophone, il incarne une certaine idée de l'équilibre institutionnel entre les deux grandes communautés linguistiques du Cameroun.

Sa nomination à la vice-présidence enverrait un message clair : Paul Biya confierait la continuité de l'État à un homme de l'Ouest anglophone, rompu aux arcanes de la gouvernance, capable de rassurer aussi bien les bailleurs de fonds internationaux que les populations en proie au doute.

Actuel Premier ministre, Dion NGUTE a lui aussi toutes ses entrées dans ce dossier. Nommé à la tête du gouvernement en janvier 2019 en pleine crise anglophone — dont il est lui-même originaire —, il a été le visage de la politique de «Grand dialogue national» initiée par Paul Biya pour tenter d'apaiser les tensions dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Un rôle ingrat, exposé, qu'il a assumé avec une sobriété remarquée.

Promouvoir Dion Ngute à la vice-présidence constituerait une forme de reconnaissance de ce sacrifice politique, tout en maintenant dans la haute sphère de l'État un homme qui connaît mieux que quiconque les sensibilités anglophones et les leviers d'une éventuelle sortie de crise.

Une nomination qui se jouerait dans les heures ou les jours à venir

Selon les révélations de Boris Bertolt, Paul Biya ne s'attarderait pas. Une fois la révision constitutionnelle adoptée par le congrès — l'issue du vote ne faisant guère de doute compte tenu de la large majorité RDPC dans les deux chambres —, la nomination du vice-président pourrait intervenir dans un délai très bref, peut-être dans les heures ou les premiers jours qui suivront la clôture du congrès prévue le dimanche 5 avril.

Ce calendrier serré suggère que la décision est déjà prise dans l'esprit du Chef de l'État, et que le congrès n'est que la formalité constitutionnelle préalable à une annonce déjà mûrement réfléchie.

Quel que soit le nom finalement retenu entre Mussongue et Ngute, le message politique sera le même : Paul Biya choisit de répondre à la plus grave crise intérieure de son règne par un geste institutionnel fort, en associant la région anglophone à la plus haute sphère de l'exécutif.

Mais ce choix aura aussi des répercussions sur l'équation successorale. Car si le vice-président est constitutionnellement appelé à assurer la continuité de l'État en cas de vacance du pouvoir, le nom retenu ce jeudi ou ce vendredi sera, de facto, celui du prochain président du Cameroun en puissance.

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