Quand les choses ne se passent pas bien ou qu'on se sent lésé, il faut dénoncer. Un collectif d'étudiants l'a compris. Il dénonce les nouvelles mesures vestimentaires imposées par la directrice de l'École normale supérieur de Yaoundé.
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Monsieur le recteur, nous, étudiants de l'École normale supérieure (ENS) de Yaoundé, avons l'honneur de porter à votre haute attention nos vives préoccupations concernant le communiqué de la direction de l'ENS en date du 26 février 2026, instaurant un nouveau code vestimentaire obligatoire pour les normaliens et normaliennes.
Si nous comprenons le souci de la direction de préserver l'image d'excellence de notre prestigieuse école, nous sollicitons respectueusement l'annulation de cette mesure pour les motifs suivants.
Pour commencer, l'impact financier insupportable : le calendrier vestimentaire imposé (ensemble, tailleurs, tenues panafricaines, polos spécifiques) exige un investissement financier conséquent. La majorité des étudiants vivent dans une précarité qui ne permet pas d'allouer des ressources à l'achat d'une nouvelle garde-robe complète en cours d'année.
En outre, l'inopportunité du calendrier : cette décision intervient de manière soudaine, alors que les budgets des étudiants et de leurs familles sont déjà épuisés par les frais académiques et les charges de subsistance. Imposer un tel changement au mois de mars crée une pression économique et psychologique injuste.
Enfin, le caractère restrictif des sanctions : la mention d'un « rappel à l'ordre strict » pour tout manquement fait peser une menace sur notre parcours académique pour des raisons purement esthétiques, ce qui nous semble disproportionné par rapport à l'objectif de formation.
Monsieur le recteur, nous sommes fiers de notre institution et de notre future vocation d'enseignants. Cependant, nous estimons que l'excellence doit d'abord se mesurer par la qualité des enseignements et l'assiduité, plutôt que par l'uniformité vestimentaire imposée sans préavis.
Dans l'espoir que vous saurez prêter une oreille attentive à la voix de vos étudiants, nous vous prions d'agréer, Monsieur le recteur, l'expression de notre très haute et respectueuse considération.