Succession à Paul Biya : Un ex-ambassadeur américain révèle l’erreur de Marafa Hamidou Yaya

Marafa Hamidou Yaya A Dit à Biya Il croupit, depuis 2012, dans un cachot du secrétariat d’État à la Défense

Fri, 3 Apr 2026 Source: www.camerounweb.com

La révision de la constitution avec la création du poste de vice-président qui aura la lourde tâche de succéder au président Paul Biya en cas de vacance de pouvoir relance le débat sur l’arrestation de certains anciens collaborateurs du locataire du palais d’Étoudi.

Le livre « les années BIYA » relate le cas de Marafa Hamidou Yaya, ancien responsable camerounais emprisonné depuis 2012, officiellement pour corruption. Cependant, selon l’ex-ambassadeur américain Niels Marquardt, sa véritable faute serait d’avoir exprimé des ambitions présidentielles et envisagé de succéder à Paul Biya.

Des documents diplomatiques révélés par Wikileaks indiquent que Marafa avait confié ses intentions à l’ambassade des États-Unis dès 2006. Ces informations, transmises à Washington, auraient contribué à le désigner comme une cible politique.

Dans une tribune, Niels Marquardt estime que Marafa est victime de manœuvres politiques et que les révélations de Wikileaks ont eu des conséquences graves sur sa vie, le conduisant à une longue détention pour des accusations jamais prouvées selon lui.

Marafa Hamidou Yaya : L’homme qui y pensait

Parce que, pendant de longues années de collaboration avec le chef de l’État, il a toujours exprimé clairement ses idées et opinions, parce qu’il a osé évoquer ses ambitions présidentielles, parce qu’il a osé dire à Paul Biya qu’il pourrait ne plus être candidat à l’élection présidentielle de 2011, il croupit, depuis 2012, dans un cachot du secrétariat d’État à la Défense.

C’est l’histoire de l’adversaire redouté que l’on met hors d’état de nuire par des moyens non conventionnels. Pour Niels Marquardt, ambassadeur des États-Unis au Cameroun de 2004 à 2007, cela ne fait l’ombre d’aucun doute : Marafa Hamidou Yaya est en prison parce qu’il a pensé au pouvoir. « Monsieur Marafa a été accusé de corruption.

Mais son seul véritable crime est de m’avoir dit, en toute confidentialité en 2006, qu’il «pourrait être intéressé » par une éventuelle candidature à la présidence du Cameroun, dans l’éventualité où Paul Biya quitterait ses fonctions.

La section politique de mon ambassade, que dirigeait habilement Katherine Brucker, actuelle cheffe de mission adjointe à Ottawa, avait naturellement rapporté cette information à Washington, dans un câble évoquant les scénarios possibles de la succession Biya », écrivait le diplomate américain dans le Foreign Service Journal, une publication du Service extérieur des États-Unis qui est une partie du corps diplomatique, rattachée aux ambassades et missions à l’étranger.

Ce rapport a été rendu public, comme beaucoup d’autres, à la suite de la publication, en 2010, de documents confidentiels par Wikileaks. Le câble, fait en 2007 par l’ambassade des États-Unis au Cameroun, révélait que « Marafa avait déjà confié à l’ambassade ses ambitions de devenir président, mais il est difficile de savoir où se situe son affiliation dans ce combat.

Marafa aurait été furieux qu’Ali l’ait inclus dans la liste des responsables à enquêter, et Ali a spécifiquement mentionné Marafa comme une cible d’intérêt dans une conversation privée avec des officiels de l’ambassade».

D’ailleurs, la tribune de l’ex-ambassadeur des États-Unis au Cameroun est intitulée « Les dégâts de Wikileaks sur les vies : le cas de Marafa Hamidou Yaya».

Il y écrivait notamment : « Nul ne semble en mesure de dire combien de personnes dans le monde, parmi lesquelles de nombreux amis de l’Amérique, ont été lésées par les publications de Wikileaks.

Mais je connais au moins un cas où un honnête homme a passé plus de dix années de sa vie en prison pour des crimes présumés, jamais prouvés devant un tribunal. Cela s’est produit au Cameroun, où j’ai été ambassadeur des États-Unis entre 2004 et 2007»…..

Source: www.camerounweb.com