Le lobbyiste Rodrigue Soffo sur le decès du deputé Juimo Monthé.

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Sun, 5 Apr 2026 Source: www.camerounweb.com

« Ce génie que le Renouveau a vampirisé. » Dans une tribune poignante, le lobbyiste Rodrigue Soffo rend hommage au député Claude Juimo Monthé, retrouvé mort ce samedi à son domicile de Yaoundé. Il retrace le parcours fulgurant de cet homme qui a modernisé la CCIMA et la Socapalm, avant de céder aux « mirages des palais ». Selon lui, son entrée en politique lui a tout coûté : son poste à la Chambre de commerce, sa réputation, et finalement sa vie. « Il ne pouvait pas s'en aller dans un environnement plus triste », écrit-il, en écho à l'adoption de la révision constitutionnelle le jour même de son décès.



Le lobbyiste Rodrigue Soffo sur le decès du deputé Juimo Monthé.

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Ils ne sont pas nombreux à avoir, dans le microcosme camerounais marqué avec la même cohérence et intensité de journaliste économique que je fut et le Consultant en affaires publiques que je suis désormais.

Claude JUIMO MONTHE, est de ceux-là. Aux côtés de Sanda OUMAROU, sans équivalent, de André SIAKA et de Protais Ayangma.

J’ai eu le privilège au début de la décennie 2000 de couvrir la mutations de l’organe populaire de représentation économique que fut la CCIMA. Il a modernisé la chambre de commerce, porté l’institution aux sommets de la représentation économique et offert à une équipe de jeunes et de moins jeunes, la vision et les outils pour tutoyer l’excellence. J’ai pendant cinq ans côtoyé le Président Claude JUIMO MONTHE, le chef d’orchestre de la nouvelle CCIMA, mais aussi sa dream team dont M. Tema, le patron de son cabinet et Madame Isabelle WEGA, la déconcertante directrice de la communication étaient les plus visibles.

Jamais dans l’excès, persuasif et didactique, il a su porter une dynamique nouvelle de la représentation économique dans le public, auprès de la presse, à l’assemblée nationale, l’alors unique chambre du Parlement où il a insipiré une réforme permettant de fiscaliser le financement de l’institution dont il avait la charge.

À la Socapalm, la même démarche du Président du Conseil d’Administration qu’il était, a fait évoluer les perceptions sur cette grande plantation autrefois connue uniquement à travers ses crises sociales et ses conflits fonciers.

Alors qu’il incarnait un pouvoir réel permettant de révolutionner des filières et de bâtir des talents ; alors que c’est à lui que revenait la responsabilité de conduire les opérateurs économiques notamment à l’occasion des rencontres État-secteur privé; alors surtout que son dynamisme, la générosité de la fortune familiale et la confiance de son équipe avaient permis à la CCIMA de tenir la dragée haute au GICAM du très redouté André SIAKA, il a préféré les trajectoires du Renouveau et le mirage des palais à Yaoundé.

Cette obsession qui doucha notre relation professionnelle de Conseil, lui a coûté sa fonction à la Chambre de Commerce; annihilé sa réputation dans le brouillard de la defenestration d’un jeune dans un hôtel de luxe à Yaoundé. Et forcé à une disparition lente mais certaine derrière une écharpe de député [du village] pour le compte du RDPC.

Homme correct, honnête et digne, il vient de passer à l’éternité. Un jour de deuil à la fois catholique-samedi Pascal, mais surtout républicain avec l’adoption, ce jour, par ses collègues députés, de la réforme constitutionnelle qui inhume, par crémation, le citoyen dans sa capacité à assurer la dévolution du pouvoir suprême au Cameroun.

M. Claude JUIMO MONTHE ne pouvait pas s’en aller dans un environnement plus triste.

Nos pensées à sa famille.

Rodrigue Soffo>>

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