Vice-président et futur président du Cameroun : les 3 noms qui reviennent souvent

Etoudi Yaounde Garde Assemblée nationale

Mon, 6 Apr 2026 Source: L'Indépendant n°1017

Alors que le Cameroun entre dans une phase politique décisive en ce mois d'avril 2026, le Parlement vient d’entériner un projet de révision de la loi fondamentale qui redéfinit l'architecture institutionnelle. L'enjeu est de taille : la création d'un poste de vice-président de la République, nommé directement par le chef de l'État.

Le projet de loi n° 2094/PJL/P, adopté le 04 avril 2026 à la majorité absolue des deux chambres réunies en congrès (200 voix pour, 18 voix contre, 04 abstentions, sur un total de 222 votants), modifie les articles clés (5, 6, 7, 10, 53 et 66) de la Constitution.

Défendu par le Garde des sceaux, Laurent Esso, ce texte stipule qu’en cas de vacance du pouvoir (décès, démission ou empêchement définitif), le vice-président n'assure plus un simple intérim, mais achève le mandat en cours après prestation de serment. Une innovation qui écarte le scénario d'une élection présidentielle anticipée immédiate.

Si le gouvernement justifie cette réforme par la nécessité de renforcer l'efficacité de l'État et de réaliser des économies budgétaires, dans les milieux politiques, d’aucuns y voient un tout autre signal. À 93 ans, le président Paul Biya, réélu en octobre 2025, semble vouloir sécuriser une transition stable.

Ce futur vice-président, choisi par le palais de l’unité, sans passer par les urnes, disposerait ainsi de plusieurs années pour asseoir sa légitimité avant le prochain scrutin. Au sein du RDPC, on salue un facteur de stabilité et de continuité indispensable pour la paix sociale. En revanche, l'opposition et la société civile crient à la « confiscation de la souveraineté populaire », redoutant l'ascension d'un dirigeant sans onction du suffrage universel direct.

Malgré les débats houleux à l'hémicycle, le pouvoir, grâce à la majorité des trois cinquièmes nécessaire dont il dispose, a fait adopter cette réforme historique. Entre continuité institutionnelle et soif de renouveau démocratique, la nouvelle architecture institutionnelle soulève de profondes interrogations au vu des principes qui sacralisent la démocratie. Le président de la République dispose d’un délai de 15 jours, pour promulguer ou pas, le projet de modification constitutionnelle adopté par le parlement.

Ndlr, en d’autres termes, l’homme ou la femme que Paul Biya choisira sera heureux(se) parce que cela voudrait dire qu’il/elle peut à tout moment devenir le numéro 1 du pays. Pour l’instant, on parle beaucoup plus souvent de Franck Emmanuel Biya, de Chantal Biya et de Ferdinand Ngoh Ngoh.

Source: L'Indépendant n°1017