Certains défenseurs de la réforme en débat avancent un argument non négligeable : la possibilité de nommer un vice-président issu des régions anglophones, dans l’espoir d’apaiser les tensions. Mais cette lecture pose un sérieux problème.
La crise anglophone repose sur des revendications structurelles : marginalisation politique ; centralisation excessive ; déficit de représentation institutionnelle. Nommer une personnalité à un poste élevé ne modifie pas ces paramètres.
Au contraire, cela peut être perçu comme une tentative de cooptation des élites, sans réponse de fond aux causes du conflit. L’histoire politique montre que les solutions symboliques, lorsqu’elles ne s’accompagnent pas de réformes structurelles, produisent rarement les effets escomptés.
Le timing de cette initiative interroge également. Elle intervient dans un contexte marqué par : une méfiance persistante envers les institutions ; des tensions politiques et sociales ; des interrogations sur la transparence des processus électoraux.
Dans un tel climat, toute réforme institutionnelle majeure est immédiatement interprétée à l’aune des rapports de force politiques.
Ainsi, même présentée comme technique, la création d’un vice-président est perçue comme une manœuvre stratégique visant à organiser la continuité du pouvoir. Et en politique, la perception pèse souvent plus lourd que l’intention.