Le Cameroun n'est pas une dictature, c'est une gigantesque mutuelle de la fraude

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Thu, 9 Apr 2026 Source: www.camerounweb.com

« Le Cameroun n'est pas une dictature, c'est une gigantesque mutuelle de la fraude. » Dans une tribune sans concession, Stan Atangana étrille un système où chacun, du sommet à la base, a son « comptoir » et rackette son prochain. Il dénonce le silence des Camerounais, qui ne relève pas de la résilience mais d'une « part de gâteau ». Avant de réclamer le changement, lance-t-il, « regardons l'horreur que nous nourrissons chaque matin ».



CAMEROUN, LA RÉPUBLIQUE DU FAUX

​Arrêtez vos calculs politiques sur la Vice-Présidence. Le problème n'est pas de savoir qui sera nommé au sommet, mais de voir qui, en bas comme en haut, est encore digne de contester. La vérité est brutale, le Camerounais ne souffre pas du système, il en vit.

​Nous ne sommes pas en dictature, nous sommes dans une gigantesque mutuelle de la fraude.

LE PILLAGE EN PARTAGE

Le silence que vous observez n'est pas de la résilience, c'est une part de gâteau. Chacun tient son « comptoir » et rackette son prochain.

- ​LE SOMMET DONNE LE TON. Quand un immeuble appartenant à un footballeur millionnaire est pris en flagrant délit de branchement illicite d’électricité, quel message envoie-t-on au petit boutiquier ? La fraude n'est plus un besoin, c'est un sport d'élite.

​- LE SPECTACLE DE L'OPPOSITION. Pendant que le pays s'enfonce dans ce désordre organisé, on nous sert des pétitions inutiles comme celle du Professeur Kamto. Croire qu'une signature sur un papier peut ébranler une machine nourrie par le vice collectif, c'est soit de la naïveté, soit une autre forme de distraction.

- ​LA BASE SUIT LE RYTHME. Le voisin pirate son compteur Eneo, le boulanger vole sur le grammage du pain, le vin frelaté se vend plus que vrai et le chauffeur de car surcharge son véhicule avec la bénédiction d'un billet glissé sous le permis.

- ​L’ADMINISTRATION ENCAISSE. Le proviseur vend les places au lycée, le magistrat vend ses délibérés comme des marchandises, et l’agent de mairie chasse la moto comme un prédateur.

​L’INSOLENCE DU CRIME

​Regardez nos rues, les voitures derniers cris slaloment sur des cadavres de routes. Les iPhones à deux millions saturent les mains de ceux qui n'ont pas d'eau potable. Les snacks ne désemplissent pas, on y siffle du champagne à flots alors que la bière est vendue cinq fois son prix homologué.

​Comment devient-on propriétaire en un temps record dans un pays « pauvre » ? Par le faux. Par le viol systématique de la loi. Par la corruption que nous avons érigée en culture nationale.

​LA TRAHISON COLLECTIVE

​L’indignation sur les réseaux sociaux ? Une vaste blague. Un écran de fumée pour cacher que, dans la réalité, tout le monde cherche sa combine. On ne fait pas une révolution avec des gens qui prospèrent dans le chaos. Le système ne tient pas par la force de ses généraux, il tient parce que chaque citoyen a son petit « secteur » à protéger.

​La réalité est simple, on ne renverse pas un système dont on est, à son échelle, le premier actionnaire. Avant de réclamer le changement, regardons l’horreur que nous nourrissons chaque matin.

​Le silence est la signature des complices.

​Stan Atangana

Ni courtisan, ni complice

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