REVELATION: l'ancien informaticien de la DGRE, témoin clé du procès Zogo, sous le coup de deux enquêtes judiciaires

DGRE Cameroun 2 Image illustrative

Thu, 9 Apr 2026 Source: www.camerounweb.com

Selon les informations exclusives de Jeune Afrique, Alain Thomas Ndima Bodo, dont le témoignage est censé éclairer le rôle de Léopold Maxime Eko Eko dans l'assassinat du journaliste, fait lui-même l'objet de deux procédures judiciaires, dont une toujours en cours devant le tribunal militaire.

Alain Thomas Ndima Bodo est à ce jour le témoin qui a parlé le plus longuement dans le procès des accusés du meurtre de Martinez Zogo. Mais sa crédibilité pourrait être mise à mal. Jeune Afrique révèle que l'informaticien, anciennement en service à la DGRE, est lui-même sous le coup de deux enquêtes judiciaires. Comme l'a indiqué l'avocat de la DGRE, Claude Assira, Ndima Bodo a fait l'objet d'une enquête interne au sein des renseignements camerounais, ainsi que d'une autre procédure devant le Service central de recherche, où il a été placé en garde à vue pendant plusieurs mois.

Cette deuxième affaire, toujours en cours, a depuis été transmise au tribunal militaire. Jeune Afrique a appris que cette procédure concerne notamment des accusations de « destruction de preuves » dans une autre affaire, un détail qui n'a pas échappé aux avocats de la défense. Pour eux, le témoin pourrait chercher à protéger ses propres intérêts plutôt qu'à dire toute la vérité sur le rôle d'Eko Eko dans l'affaire Zogo.

Malgré ces zones d'ombre, le ministère public a tenu à citer Ndima Bodo à la barre. Jeune Afrique a observé que, lors de son audition, le témoin s'est montré disert sur les questions techniques liées à la manipulation des images de surveillance. En revanche, il s'est aussitôt refermé dès que les avocats ont abordé les affaires ouvertes contre lui. Une attitude qui a renforcé les soupçons de la défense d'Eko Eko sur les motivations réelles de ce témoin.

Les avocats de l'ancien patron de la DGRE ont habilement exploité ces failles. Jeune Afrique rapporte qu'ils ont tenté de démontrer que Ndima Bodo n'était pas une source fiable, d'autant qu'il a reconnu avoir « cru » que l'ordre de traiter des fichiers venait d'Eko Eko, alors qu'il émanait en réalité du directeur par intérim de la DGRE. Une confusion qui affaiblit considérablement la thèse d'une manipulation directe des preuves par l'ancien patron des renseignements.

Le prochain épisode de ce procès hors norme se jouera les 20 et 21 avril, avec l'audition d'autres témoins du ministère public. Jeune Afrique suivra de près ces audiences, alors que la défense d'Eko Eko espère capitaliser sur les contradictions et les procédures parallèles qui fragilisent la crédibilité du témoin clé. L'affaire Zogo, qui a secoué le Cameroun et la communauté internationale, est loin d'avoir livré tous ses secrets.

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