À l'image de la révision constitutionnelle instaurant un vice-président au Cameroun, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais envisagerait de modifier ses propres statuts pour que le président national nomme ses vice-présidents et que le premier d'entre eux lui succède en cas de vacance.
Alors que le Cameroun attend toujours la nomination du prochain vice-président de la République, le parti au pouvoir, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), semble vouloir s'inspirer du nouveau modèle institutionnel pour sa propre organisation. Selon des informations exclusives, un projet de révision des statuts du parti prévoirait que le président national nomme désormais les vice-présidents de la formation, et que le premier vice-président lui succède automatiquement en cas de vacance ou de démission.
Cette initiative intervient quelques jours seulement après l'adoption par le Parlement camerounais, réuni en congrès, de la révision constitutionnelle instaurant un poste de vice-président de la République. Le texte, adopté le 4 avril 2026 par une large majorité de députés et sénateurs, prévoit que le chef de l'État nomme un vice-président qui peut être appelé à achever son mandat en cas de vacance du pouvoir. Une réforme qualifiée de « tournant historique » par ses promoteurs.
Dans les statuts actuels du RDPC, le président national est élu par les militants. Aucune disposition ne prévoit de mécanisme de succession automatique. Le projet en discussion, qui s'inspirerait directement du nouveau modèle constitutionnel, marquerait donc une rupture majeure dans l'organisation du parti fondé par Paul Biya en 1985. Selon nos sources, cette réforme statutaire vise à « harmoniser le fonctionnement du parti avec les nouvelles institutions de la République ».
Cette réforme statutaire, si elle est adoptée, renforcerait considérablement les pouvoirs du président national, Paul Biya, qui aurait la main sur le choix de ses éventuels successeurs à la tête du RDPC. Elle intervient dans un contexte où les spéculations vont bon train sur l'identité du futur vice-président de la République, plusieurs noms circulant dans les cercles du pouvoir, dont ceux de Franck Biya, Ferdinand Ngoh Ngoh et Laurent Esso.
Aucune date n'a encore été communiquée pour l'examen et l'adoption de cette révision des statuts du RDPC. Mais selon des sources proches du parti, le projet pourrait être soumis au prochain comité central ou au prochain congrès ordinaire du parti. En attendant, les observateurs politiques y voient un signe supplémentaire de la volonté de Paul Biya de verrouiller sa succession, tant au niveau de l'État qu'à la tête de sa formation politique.