Maurice Kamto militant du RDPC: voici les preuves irréfutables, Grégoire Owona rattrapé

Mau Kamto Paul Biya Image illustrative

Tue, 14 Apr 2026 Source: www.camerounweb.com

Dans la politique camerounaise, les archives ont parfois une fâcheuse tendance à ressurgir au pire moment. Celui qui en fait aujourd'hui l'amère expérience se nomme Grégoire Owona, ministre et cacique du RDPC, qui a récemment affirmé que Maurice Kamto avait été militant du parti au pouvoir. Une déclaration qui a immédiatement déclenché une contre-attaque documentaire dévastatrice : les archives de Jeune Afrique datant de 2013.

Le document est accablant parce qu'il vient de lui. Dans un article publié par Jeune Afrique en 2013, le journal rapportait que «le secrétaire adjoint du RDPC Grégoire Owona disait avoir tout fait pour amener Kamto à militer pour le RDPC». Traduction littérale et sans appel : Owona reconnaissait lui-même, à l'époque, que Kamto n'avait jamais pris sa carte au RDPC et qu'il avait personnellement tenté — en vain — de l'y amener. Une tentative de recrutement qui s'est soldée par un échec cuisant.

Le même article de Jeune Afrique précisait sans ambiguïté : «Lui qui n'a jamais pris sa carte au RDPC — il a même frayé avec le Social Democratic Front de John Fru Ndi dans les années 1990 — ne devait sa nomination au gouvernement, en 2004, qu'à sa performance d'avocat devant la Cour internationale de justice dans la procédure opposant le Cameroun au Nigeria au sujet de la presqu'île de Bakassi.»

La démonstration est imparable et se lit en trois temps. Premier temps : en 2004, Kamto est nommé au gouvernement non pas parce qu'il est militant RDPC, mais parce que son talent juridique exceptionnel plaidait devant la CIJ. Deuxième temps : en 2013, Owona lui-même confesse publiquement avoir cherché à faire de Kamto un militant RDPC — preuve irréfutable qu'il n'en était pas un. Troisième temps : en 2026, ce même Owona affirme que Kamto était militant du RDPC. Le mensonge est documenté par sa propre bouche, dans le journal de référence africain Jeune Afrique.

C'est ce que les juristes appellent un aveu extrajudiciaire — et ce que les Camerounais, eux, appellent plus simplement se contredire.

Cette révélation intervient dans un contexte précis. En pleine bataille politique autour de la révision constitutionnelle, alors que Maurice Kamto multiplie les prises de position contre ce qu'il appelle le «coup d'État constitutionnel» du régime RDPC, certains cadres du parti au pouvoir cherchent visiblement à discréditer le leader du MRC en insinuant une complicité passée avec le RDPC. Une manœuvre classique de déstabilisation politique qui consiste à dépeindre l'opposant comme un traître à sa propre cause, un homme qui a mangé à la table du pouvoir avant de s'en éloigner par calcul.

Le problème, c'est que cette manœuvre se fracasse sur les archives. Et Jeune Afrique, dont le travail de documentation sur vingt ans de politique camerounaise constitue une mémoire institutionnelle redoutable, en fournit la preuve en temps réel.

Cette affaire illustre une vérité fondamentale de l'ère numérique : les archives ne meurent pas. Ce qui a été dit, écrit et publié reste accessible. Et dans un pays où la manipulation de l'histoire politique est un sport national, la capacité à opposer des archives à des déclarations mensongères est un outil démocratique d'une valeur inestimable.

Grégoire Owona voulait salir Kamto. Il s'est sali lui-même. C'est la force des archives.

Source: www.camerounweb.com